"Cendrillon", un chef-d'œuvre… de mauvais goût!

C’est la grande mode chez Disney : produire des remakes avec des acteurs de leurs dessins animés classiques. Après "Alice au pays des merveilles" et "Maléfique" avec Angelina Jolie, voici donc "Cendrillon" réalisé par Kenneth Branagh.

Cendrillon

Pour cette version 2015, Branagh n’est pas reparti du conte originel de Perrault, mais bien de son adaptation par Hamilton Luske et Clyde Geronimi des Studios Disney en 1950. Soit une version avec des délicieux personnages secondaires comme la souris Gus ou le chat Lucifer… Mais dans "Cendrillon, le film", ces animaux – réalisés en images de synthèse – en sont réduits à faire de la figuration, l’accent étant mis sur Cendrillon elle-même (Lily James, issue de Downton Abbey) et sur sa redoutable marâtre, incarnée par Cate Blanchett.

La géniale Cate est d’ailleurs la seule à tirer son épingle du jeu dans cet épouvantable machin. Alors que le dessin animé était porté par un équilibre subtil entre gags et féérie (Ah ! La marraine fée qui chante Babedibou…), le film de Branagh est d’une laideur affligeante, accumulant les couleurs criardes et les décors surchargés… C’est du Jef Koons mais sans humour et sans idée. Branagh, ex wonderboy de la scène et du cinéma britannique des années 90, grand défenseur de Shakespeare, perd tout soupçon de crédibilité avec ce "Cendrillon au pays du Bling Bling", grosse meringue boursouflée dont l’intérêt n’est pas artistique mais strictement commercial : servir de produit d’appel pour faire vendre encore plus de robes de princesse dans les Disney stores… Quelle tristesse!

Melody

Il y a cinq ans, Bernard Bellefroid se faisait remarquer avec un intéressant premier long-métrage : "La régate". Le réalisateur belge revient cette semaine avec "Melody", qui a remporté le Prix du public au dernier Festival de Namur. C’est l’histoire d’une jeune fille de condition modeste qui, pour accomplir son rêve – ouvrir son propre salon de coiffure – décide de devenir mère porteuse contre espèces sonnantes et trébuchantes… Elle rentre en contact avec une riche Anglaise quadragénaire, devenue stérile après avoir lutté victorieusement contre un cancer.

Plus que de signer un drame social, Bellefroid est surtout intéressé p ar la relation complexe qui se noue entre les deux femmes. Si son scénario offre parfois des rebondissements un peu attendus, sa direction d’actrices est par contre impressionnante : l’Australienne Rachael Blake et surtout la jeune actrice franco-belge Lucie Debay y sont très, très convaincantes.

Focus

On avait quitté Will Smith dans "After Earth", pénible saga de science-fiction où il partageait l’affiche avec son fils. Après ce flop, on le retrouve aujourd’hui dans "Focus", comédie qui appartient à un genre très précis : le film d’arnaque – variante du "film de hold up".

Or donc dans "Focus", Will incarne un grand arnaqueur professionnel approché par une apprentie-arnaqueuse (incarnée par la sexy Margot Robbie)… La complicité entre eux est immédiate, mais très vite, la question surgit : peut-on, dans un métier comme celui-là, faire confiance à l’autre ? Les sentiments et le boulot font-ils forcément bon ménage ? Sur ce canevas, des scénaristes astucieux ont bâti une intrigue truffée de chausse-trappes et de surprises diverses. C’est parfois un peu too much, mais l’ambition initiale – réussir un divertissement sans temps mort et avec une touche de glamour- est aboutie. Ni plus, ni moins.

Hugues Dayez

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