Indexation des salaires: "Pas question d'ouvrir le débat" (Claude Rolin)

"La privatisation des services publics n'est pas une solution", estime Claude Rolin.
"La privatisation des services publics n'est pas une solution", estime Claude Rolin. - © RTBF

Invité de Matin Première ce mercredi, le secrétaire général de la CSC a souligné qu'il n'était pas question de remettre en cause le principe de l'indexation des salaires. Pour Claude Rolin, la solution se trouve ailleurs, notamment dans un meilleur contrôle des prix de l'énergie.

Selon un rapport du Conseil Central de l'Économie rendu public ce mardi, les salaires belges augmenteraient plus vite que dans les pays voisins. Plusieurs experts estiment qu’il faudrait rapidement corriger le tir. Et donc diminuer les salaires ? "Ce serait une très mauvaise idée", réagit Claude Rolin, secrétaire général de la CSC. "Le salaire, c’est un élément qui fait partie de la croissance économique. Diminuer demain les salaires dans le pays aurait un effet de dépression."

Revenant sur les conclusions du Conseil Central de l’Économie, Claude Rolin estime que "nous pouvons vivre avec cet écart salarial". "Nous avons une évolution favorable en termes d’emplois. En plus, il faut relativiser ces chiffres. Si on intègre - et ce sont des chiffres que le rapport du Conseil Central de l'Économie n’intègre pas – les différents subsides liés aux salaires attribués aux entreprises, si on fait le calcul, on constate que l’écart se réduit à 1,5% depuis 1996 (le rapport du conseil parle d’un écart de 3,9% en 2010, ndlr). Ce qui veut dire qu’on a une relative stabilité des coûts salariaux dans notre pays."

"Contrôlons plutôt les prix de l'énergie"

Deux éléments peuvent expliquer cette forte évolution du coût salarial dans notre pays.

Le secrétaire général de la CSC pointe tout d’abord une inflation plus élevée que dans les pays qui nous entourent, causée, selon Claude Rolin, par l’évolution des prix énergétiques. "Ce dont nous avons besoin dans notre pays, c’est d'un contrôle des prix, et en particulier d’un contrôle des prix des produits énergétiques."

Le deuxième élément relevé par l’invité de Matin Première, c’est que la comparaison effectuée par le Conseil Central de l’Économie prend notamment en compte les excellents chiffres réalisés par l’Allemagne. "Mais ce qu’on constate en Allemagne, c’est qu’on a là un problème de dumping social, c’est-à-dire d’extrême modération continue des salaires."

Indexation des salaires: "Pas de raison d'en débattre"

Certains, comme la FEB ou les élus de l’Open-VLD, voudraient remettre en question le principe de l’indexation des salaires. "Réformer l’index, c’est comme modifier la graduation d’un thermomètre pour faire baisser la température. Ça n’a pas de sens. Le système d’indexation est simplement là pour préserver, au minimum, le pouvoir d’achat des travailleurs salariés et des allocataires sociaux. Ce qu’il faut modifier, ce sont les raisons pour lesquelles nous avons une inflation plus grande. Et on sait où ça se trouve : au niveau de l’énergie."

Mardi, sur les ondes de la RTBF, Joëlle Milquet ne mettait pas en cause l’index mais considérait qu’on pouvait en discuter. "Il n’y a pas de raison d’ouvrir le débat à partir du moment où le problème ne se situe pas là. (…) Gardons ce système qui nous a permis de mieux passer la période de crise que d’autres pays", rappelle Claude Rolin. Qui plaide plutôt pour une politique européenne de coordination salariale.

Pas de privatisation des services publics

Dans le cadre de l’élaboration du prochain budget, les négociateurs doivent encore dégager plus de six milliards d’euros. Mais où les trouver ? Faut-il songer à vendre les "bijoux de famille", en cédant des parts de Belgacom ou de la Poste ? "La privatisation de services publics n’est certainement pas une solution", indique Claude Rolin. "Car soit il va falloir payer le service, et cela va être un coût qui va être reporté pour demain, soit on va avoir un service public de moindre qualité."

Le leader de la CSC précise que toutes les politiques fiscales et budgétaires devraient par ailleurs être évaluées en termes d’effet concret sur la création d’emploi.

PIAB

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