Budget: un accord après 17 heures de négociation nocturne

Après 17 heures de discussions ininterrompues, les négociateurs ont enfin conclu un accord sur le budget 2012. On n'y croyait plus vraiment mais le coup de tonnerre provoqué par la dégradation de la note belge a finalement été déterminant.

Selon De Standaard, PS et Open Vld se seraient mis d'accord sur les chiffres: il serait question de 300 millions d'euros d'économies supplémentaires et de 100 millions de taxes en moins.

Présentation ce dimanche

La relecture de l'accord semble avoir été rapide. Le Palais a confirmé que les négociateurs étaient arrivés à un accord sur le volet budgétaire. Le Roi a chargé le formateur Elio Di Rupo de former un gouvernement le plus vite possible, indique le Palais dans un communiqué. Le formateur Elio Di Rupo n'est pas attendu chez le Roi samedi.

Une autre présentation est prévue, ce sera pour ce dimanche à la Chambre. On sent que l'urgence fait loi.

L'effet "Standard and Poor's"


L'annonce de Standard & Poor's avait fait monter la pression d'un cran: l'agence de notation a dégradé vendredi soir la note de la Belgique, qui chute de AA+ à AA, avec perspective négative, soit le risque d'une hausse du taux d'emprunt pour l’État belge sur les marchés.

Yves Leterme a immédiatement réagi en demandant aux négociateurs de conclure un accord sur le budget avant l'ouverture des marchés, lundi matin. Les négociateurs se sont donc retrouvés vendredi vers 18h30 autour d'Elio Di Rupo au cabinet de la vice-première ministre socialiste, Laurette Onkelinx.

Les discussions ont donc démarré sur base d'une nouvelle proposition du formateur, la sixième déjà. Son principal objectif est d'amadouer le camp libéral. Le MR et, surtout, l'Open Vld sont en effet accusés de bloquer les discussions depuis bientôt une semaine.

La dernière proposition

La proposition se veut donc équilibrée pour rapprocher les points de vue entre partis socialistes et libéraux. La gauche aurait obtenu qu'on ne parle plus de toucher à l'indexation automatique des salaires et qu'on ne fasse pas plus d'économies sur le train de vie de l’État et sur la sécurité sociale. Le PS serait aussi revenu avec une série de taxes nouvelles sur les opérations boursières, les plus-values des sociétés, les dividendes, les stock-options et cette "fameuse" cotisation de solidarité sur les grosses fortunes.

En face, les libéraux auraient obtenu la disparition d'une série d'autres taxes, la baisse des taxes annoncées sur les voitures de société et une large part des réformes de société qu'ils voulaient sur le marché du travail et sur les pensions (recul généralisé de l'âge d'accès aux prépensions et ce, plus vite que prévu ; réorganisation du système des allocations d'attente pour les demandeurs d'emploi ; dégressivité accélérée des allocations de chômage).

Si cela a discuté aussi longuement, c'est que chacun devait s'y retrouver. On a calculé. On a re-calculé. Cela a pris du temps.

PIAB, avec Fabien van Eeckhaut
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