Le nucléaire belge a trouvé un accord avec l'Allemagne

La rencontre bilatérale s'est soldée par un accord.
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La rencontre bilatérale s'est soldée par un accord. - © Thi Diem QUACH - RTBF

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Jan Jambon (N-VA) s'est entretenu ce lundi après-midi avec la ministre fédérale allemande de l’Environnement, Barbara Hendricks. La ministre belge de l’Énergie, Marie Christine Marghem (MR), a également assisté à l’entrevue. La rencontre s'inscrivait dans le cadre des explications que la Belgique s’est engagée à donner à ses voisins, le Luxembourg, les Pays-Bas, et donc l’Allemagne, à propos de la sécurité de nos installations nucléaires.

Voisins inquiets

On sait que la prolongation de la vie des réacteurs de Doel 1 et 2 inquiète les populations et les gouvernements des pays limitrophes de la Belgique, c'est le cas des Luxembourgeois et des Néerlandais. Tout comme la décision de relancer Tihange 2 et Doel 3 après la longue interruption de la production décidée après la découverte de micro-fissures dans les cuves des réacteurs. Le feu vert donné par l’AFCN, l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire, n’a en effet pas complètement rassuré.

Accord pour une commission permanente et des inspections croisées

La ministre allemande a fait connaître à Jan Jambon les interrogations de son gouvernement portant sur une liste de 15 points précis et qui ont trouvé une réponse favorable.

À l'issue de la réunion, lors de la conférence de presse, la ministre allemande Barbara Hendrickx a fait connaître l'accord intervenu entre l'Allemagne et la Belgique : "On a un accord entre nous. On va installer une commission permanente sur la sécurisation des centrales nucléaires. Nous allons aussi faire des inspections croisées. Nous irons dans des centrales belges et eux (les Belges, ndlr), chez nous en Allemagne". Elle ajoute, en réponse à la question de savoir si elle est rassurée : "Pour le moment, je le suis".

"Nous allons vers un accord de coopération et nous comptons, bien sûr, échanger toutes les informations entre les deux États", a pour sa part déclaré Jan Jambon.

Manifestation en marge

Des manifestants étaient présents pour eux aussi, faire entendre leur voix, à l'image de Pascal Vollenweider, directeur de campagne AVAAZ, le mouvement citoyen international qui a réuni plus de 700 000 signatures dans une pétition en ligne. "Pour nous, il s'agit de clairement mettre la pression sur l'État belge pour arrêter tout de suite les centrales nucléaires en Belgique. Elles constituent un véritable danger pour elle-même, mais aussi pour le reste de l'Europe. Évitons un nouveau Tchernobyl", a-t-il lancé.

"Nous ne sommes pas les seuls à être inquiets. Différents pays limitrophes à la Belgique ont entamé des démarches pour dire à la Belgique d'arrêter le nucléaire. Il y a des fissures, des pannes à répétition, tout ceci doit s'arrêter."

Dans les prochains jours, les opposants au nucléaire feront savoir leur position.

La suite ce mardi

La sécurité nucléaire belge continuera donc malgré tout de faire l’objet de débats tendus, notamment dans les communes frontalières de la Belgique, comme Aix-la-Chapelle, où les autorités de la grande agglomération doivent décider ce mardi si elles décident d’aller en justice pour obtenir la mise à l’arrêt de la centrale de Tihange.

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