L'épineux dilemme de la Belgique concernant la taxe sur les transactions financières

Taxe Tobin: la Belgique sur le point d'abandonner la taxe sur les transactions financières
Taxe Tobin: la Belgique sur le point d'abandonner la taxe sur les transactions financières - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

"La Belgique s'apprête à quitter le groupe des dix pays européens qui poussent à la réalisation d'une taxe sur les transactions financières", écrit samedi le quotidien L'Echo. Ce retrait pourrait faire boule de neige et enrayer définitivement la dynamique un temps installée.

Mercredi dernier, lors de la cérémonie de remise des prix de la Bourse de Bruxelles, le ministre belge des Finances Johan Van Overtveldt a affirmé qu'il souhaitait "analyser dans les semaines ou les mois qui viennent comment mettre un terme à cette taxe".

Il a partagé l'analyse de Vincent Van Dessel, le président de la Bourse de Bruxelles, qui a prévenu des conséquences négatives pour la Belgique de la mise en place d'une taxe sur les transactions financières, alors que les pays voisins du royaume s'abstiennent de s'engager sur la même voie.

Temporisation

Dans un communiqué de presse, le ministre a expliqué samedi que l'actuel projet en discussion au sein du groupe des dix pays – dans lequel certains souhaitent aller plus loin, d'autres moins loin – est contraire à l'accord de gouvernement fédéral belge.

"L'accord de gouvernement dit explicitement que la taxe doit se focaliser sur les actions et (produits) dérivés ayant un caractère spéculatif, mais qu'une telle taxe ne peut avoir aucun effet négatif sur l'économie réelle. Or, dans les textes actuellement sur la table, la sauvegarde de l'économie réelle est loin d'être garantie", a-t-il fait observer.

Selon le ministre N-VA, "tant les grandes que les petites entreprises se prémunissent, à travers certaines transactions, de certains risques tels que l'évolution du prix des matières premières, du cours de change ou des charges d'intérêt. Or, l'actuelle proposition peut compliquer cette couverture de risque et dès lors avoir des conséquences négatives pour les entreprises. L'accord de gouvernement dit aussi très clairement que les fonds d'épargne-pension ne peuvent être visés. Enfin, le projet en discussion va avoir pour effet d'augmenter le coût du financement de la dette publique et menacera les liquidités de cette même dette".

Les projets de textes tels qu'ils existent aujourd'hui sont inacceptables

La proposition européenne actuellement sur la table est également source de "risques pour le secteur financier en Belgique", a ajouté Johan Van Overtveldt. "Il n'est pas impensable qu'il faille envisager une délocalisation des institutions financières à la suite de ces mesures", a-t-il averti, rappelant ici aussi qu'en ce qui le concerne, l'accord de gouvernement serait sa ligne de conduite. Or, celui-ci appelle justement à un ancrage et une solidification des institutions financières en Belgique de sorte qu'elles puissent contribuer durablement à la croissance et à l'emploi.

Dès lors, "la Belgique ne quittera pas la table des négociations à ce stade, mais on ne peut nier que les projets de textes tels qu'ils existent aujourd'hui sont inacceptables, car en contradiction avec l'accord de gouvernement", a-t-il confirmé.

Le ministre a également estimé que la taxe sur la transaction financière proposée était "incompatible" avec le projet d'Union des marchés des capitaux. Œuvrer à l'application d'une telle taxe dans dix pays vient "compromettre" la réalisation d'une telle Union dans les vingt-huit Etats-membres, a-t-il conclu.

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