Répartition de l'effort climatique: "On en est proche, mais encore loin"

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) s'est exprimé devant le parlement flamand lors d'une séance chahutée.
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Le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) s'est exprimé devant le parlement flamand lors d'une séance chahutée. - © DIRK WAEM - BELGA

Nouvel épisode dans la saga du "burden sharing", l'accord de répartition de l'effort climatique entre fédéral et Régions pour 2020. Après le refus flamand lundi, le nord du pays avait, dans la foulée, fait une nouvelle proposition, laquelle demanderait plus d'efforts à chacun, selon ce qu'a affirmé le ministre-président Geert Bourgeois (N-VA).

Côté wallon, même si on ne connaît pas encore le détail de la proposition, le ministre de l'Énergie Paul Furlan (PS) fait d'ores et déjà savoir, comme il l'avait répété dans Les Décodeurs début novembre, que la Wallonie est prête à faire plus. Une condition toutefois à cet effort supplémentaire : que l'accord soit contraignant.

"Nous voulons faire un pas de plus, en espérant que la proposition flamande - que nous n'avons pas encore reçue par écrit - soit équilibrée et ne fasse pas reposer tous les efforts sur la Wallonie", a-t-il indiqué, peu avant l'ouverture de la séance plénière du parlement de Wallonie.

Vérification et sanctions

Le ministre veut ainsi démontrer le "volontarisme" de la Wallonie pour parvenir à un accord. "Nous y mettons toutefois une condition : que l'accord soit contraignant pour les différentes entités", a ajouté Paul Furlan.

Il dit estimer cette demande logique dès lors que la Belgique se bat aux côtés de l'Europe pour imposer un accord contraignant pour l'ensemble de la planète dans le cadre de la conférence mondiale pour le climat de Paris, la COP21.

Cette contrainte prendrait la forme d'un mécanisme de vérification accompagné de pénalités ou autres sanctions au cas où l'une des entités ne remplissait pas ses objectifs.

Des "pas supplémentaires"

Côté flamand, on a fait savoir ce mercredi à la ministre fédérale de l'Energie, Marie-Christine Marghem (MR), que le gouvernement régional du nord du pays était près à faire des "pas supplémentaires", sans préciser lesquels.

Le ministre-président Geert Bourgeois a également contesté devant le parlement flamand les critiques selon lesquelles les discussions buteraient sur des détails. "Il ne s'agit pas de quelques millions mais de centaines de millions", a-t-il lancé. D'après lui, il importe donc que les chiffres soient établis de manière sûre.

Trois points doivent être tranchés : les accords relatifs à l'énergie renouvelable, la répartition des recettes tirées des enchères et le financement de la politique climatique internationale.

Oui, mais non...

"J'ai le sentiment que nous sommes proches d'un accord mais que l'on en est encore loin", a-t-il ajouté, pour le moins sibyllin.

La séance au parlement flamand a été chahutée ce mercredi, et finalement suspendue après que le sp.a a demandé la tenue d'un débat d'actualité pour obtenir plus explications du gouvernement.

Les critiques de l'oppositions ont été rudes, à l'égard du gouvernement flamand, mais encore plus de la N-VA. Des flèches sont aussi parties des bancs de la majorité. Le député Willem-Frederik Schiltz (Open Vld) a parlé d'une "farce" et appelé Bourgeois à laisser de côté sa "balance d'apothicaire" pour aboutir à un accord.

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