Polémique lancée par Jan Jambon: Charles Michel soutient son ministre

Charles Michel estime qu'il ne faut pas nier ces "faits interpellants (...) par une forme d'angélisme".
Charles Michel estime qu'il ne faut pas nier ces "faits interpellants (...) par une forme d'angélisme". - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le Premier ministre Charles Michel (MR) a condamné ce dimanche soir tout amalgame, mais aussi tout angélisme, dans la controverse sur les propos du ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) quant à un soutien au terrorisme dans "une partie significative de la communauté musulmane".

"Je confirme qu'il y a eu des expressions de soutien aux auteurs des attentats. Le Conseil (national) de sécurité en a d'ailleurs été informé", a affirmé Charles Michel à l'agence Belga, sans identifier ces soutiens et sans en préciser l'ampleur.

"Il s'agissait d'actes provenant de personnes minoritaires, et il ne convient pas de faire des généralisations", selon le chef du gouvernement. Ce qui semble déjà atténuer les propos lancés par le ministre nationaliste.

En effet, dans le quotidien flamand De Standaard, Jan Jambon avait quant à lui jugé qu'"une partie significative de la communauté musulmane a dansé à l'occasion des attentats".

Ces soutiens, "ce sont des faits interpellants, qu'il ne faut pas nier par une forme d'angélisme", a estimé le Premier ministre. À ses yeux, le ministre de l'Intérieur n'a d'ailleurs pas parlé de généralisation.

Des procédures entamées par le parquet

Le porte-parole du Premier ministre, Frédéric Cauderlier, a précisé à la RTBF que ces faits se sont produits "en plusieurs endroits du pays", mais qu'aucun détail ne serait donné les concernant.

"Il ne s'agit pas de stigmatiser une communauté particulière ou de généraliser ces faits à toute une communauté, mais il ne faut pas non plus nier que ces faits ont bel et bien eu lieu, bien qu'il soient extrêmement minoritaires", a-t-il insisté.

Il ajoute que, côté judiciaire, "plusieurs de ces faits ont fait l'objet de procédures par le parquet", mais, au niveau politique, le gouvernement fédéral ne prendra pas de mesures ciblées face à ces cas particuliers. Ce type de comportement est par contre bien pris en compte dans la "réflexion permanente, et entamée depuis longtemps" par l'équipe Michel, notamment dans la lutte contre la radicalisation, avec toutes les questions d'éducation que cela pose.

Appels à réagir et prises de distance

Plusieurs voix de l'opposition s'étaient élevées dans la journée pour réclamer des explications de Charles Michel après les propos de Jan Jambon, jusqu'au sein de son gouvernement où des prises de distance ont été entendues du côté des vice-Premiers ministres Open Vld Alexander De Croo et CD&V Kris Peeters. Ce dernier, au cours de la marche contre la terreur, avait d'ailleurs jugé qu'il n'était "pas intelligent de polariser le débat".

En fin de journée, l'une des organisatrices de la marche contre la terreur, Fatima Zibouh, avait quant à elle, au sortir d'une rencontre avec le Premier ministre et les principaux ministres du gouvernement dont Jan Jambon, tenu à souligner l'esprit constructif de cette rencontre.

Elle avait dit préférer faire passer le message de la "plus-value de la diversité culturelle du pays, plutôt que de s'attarder sur de petites phrases qui font mal, qui ont touché la communauté musulmane et les Molenbeekois".

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