Prolongation Doel 1 et 2: "C'était absolument indispensable""

"Assurer la sécurité de l'approvisionnement énergétique de la Belgique" : c'est l'une des raisons avancées par le gouvernement Michel pour conclure un nouvel accord avec Electrabel afin de prolonger les réacteurs Doel1 et 2.

En septembre 2015, la CREG (Commission de Régulation de l'Électricité et du Gaz) publiait un rapport qui concluait que la Belgique était restée très loin d'un délestage causé par un problème de sécurité d'approvisionnement l'hiver dernier.

"Le régulateur doit s'occuper des prix et non des volumes" répond la ministre de l'Environnement et de l’Énergie Marie-Christine Marghem (MR), interrogée par la RTBF. "C'est Elia, le gestionnaire des réseaux de transport, qui s'occupe des volumes. Et Elia ne dit pas cela. Elia a évalué à l'époque la réserve stratégique, en affirmant que nous manquions de moyen de production centralisés et suffisants en interconnexion pour approvisionner le pays".

De toute façon, sur base des rapports de la DG Energie, d'Elia (pour les volumes) et de la CREG (pour les prix) "c'est le gouvernement qui prend la décision" et c'était "absolument indispensable" de prolonger les deux centrales, poursuit la ministre.

"Les réacteurs n'ont pas encore 40 ans. D'après la loi, l'exploitant peut continuer à les faire tourner si et seulement si on suit les conseils de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire. Après bien des examens, elle a donné son feu vert. Puisque la sûreté est garantie, nous laissons légalement l'exploitant continuer l'exploitation de Doel3 et Tihange2 jusqu'à l'âge de leur démantèlement qui doit survenir en 2022 et en 2023" dit aussi Marie-Christine Marghem.

"La sortie du nucléaire, c'est 2025"

La ministre rappelle encore que le gouvernement se conforme à la loi : "La sortie du nucléaire, c'est 2025. En 2025, on doit remplacer environ 54% du parc de production belge qui aujourd'hui est produit par le nucléaire par d'autres sources d'énergie. C'est un grand travail et un grand défi".

Selon le nouvel accord avec Electrabel, la rente nucléaire diminue de manière substantielle. "En 2009, pour les 7 réacteurs, le sur-profit nucléaire avait été évalué à 750 millions. Et le prélèvement sur ce sur-profit se situait entre 215 et 245 millions. Et le gouvernement a décidé de prendre 250 millions. Entretemps (en 2010-2011), les prix de l'électricité se sont envolés, ce qui a fait gonfler ce sur-profit jusqu'à 1,250 milliard d'euros et le gouvernement a ajouté une contribution de répartition complémentaire de 350 millions. Aujourd'hui les prix ont chuté sur les marchés de gros et les profits diminuent. Quand un État fixe un impôt, il ne doit jamais confisquer les moyens de production : il faut toujours ajuster correctement la cote de ce prélèvement".

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