Le Plan Canal de lutte contre la radicalisation présenté ce vendredi

Le Plan Canal du ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) est sur la table du conseil des ministres et sera présenté ce vendredi. En gestation depuis les attentats de Paris le 13 novembre dernier, ce plan a pour objectif de lutter contre l'islamisme et la radicalisation.

Huit communes sont concernées par ce plan : sept communes bruxelloises, auxquelles s'ajoutent celle de Vilvorde. Et, avant même la présentation par le ministre, les bourgmestres bruxellois émettent déjà des doutes, craignant notamment de ne pas avoir les moyens nécessaires pour remplir leurs nouvelles missions.

Les polices locales devraient être largement mises à contribution. Avec deux mots-clefs dans la mission qui leur est attribuée à travers ce plan : suivi et renseignement.

Suivi d'abord des personnes suspectées de radicalisation. Un suivi très précis avec la collecte de tous les renseignements possibles. Dans les mosquées et salles de prières notamment.

Une banque de données dynamique

L'ensemble de ces renseignements seront compilés dans une banque de données dynamique – évolutive donc, en fonction des dernières informations collectées –, également nourrie par les services de renseignement, la Sûreté de l'État et le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS).

Cette banque de données est d'ailleurs d'ores est déjà opérationnelle, mais pour qu'elle puisse être utiliser efficacement, il faudra modifier la loi, de sorte que les différents organismes publics concernés puissent l'alimenter, avec les précautions d'usage en termes de fiabilités et de traçabilité. La Commission de la protection de la vie privée a déjà émis des critiques, et le Conseil d'État devrait suivre dans la foulée.

Lorsque le cadre légal sera adapté, les polices locales pourront également l'alimenter. Les bourgmestres auront accès à une partie de ces informations encodées dans cette banque de données.

Engagements supplémentaires

À côté de cela, les policiers locaux devront aussi s'intéresser davantage aux subdivisions des immeubles. Et ce pour voir si des appartements ne naissent pas de manière illégale et échappent ainsi à tout cadastre.

Des missions élargies donc pour les agents des cinq zones de police de la capitale. Il faudra donc prévoir des engagements supplémentaires et cela aura un coût.

Certains bourgmestres des communes concernées ont déjà abondé en ce sens. Les syndicats policiers attendent eux de voir les engagements et l'argent.

La barque de la police locale pourrait donc être trop chargée. Ce qui mettrait le Plan Canal à sec.

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