Le fédéral entend poursuivre les réformes "en gardant la semaine des 38 heures"

Le fédéral entend poursuivre les réformes "en gardant la semaine des 38 heures"
Le fédéral entend poursuivre les réformes "en gardant la semaine des 38 heures" - © DIRK WAEM - BELGA

Après la manifestation nationale de ce mardi qui a rassemblé quelque 60 000 personnes à Bruxelles, le gouvernement fédéral a annoncé prendre acte, tout en condamnant "cependant les actes de violence émanant d’une minorité en fin de parcours durant lesquels plusieurs personnes dont des policiers ont été blessés".

"Sans réforme, ces acquis seront rapidement menacés"

Mais l'équipe de Charles Michel compte bien poursuivre sur la voie des réformes, des retraites ou du marché du travail, "indispensables pour garantir le financement durable de nos solidarités", indique un communiqué de la Chancellerie du Premier ministre.

"Nous portons tous la responsabilité aujourd’hui d’assurer le financement de nos retraites, de nos soins de santé, de nos solidarités et de celles de nos enfants. Sans réforme, ces acquis seront rapidement menacés", déclare Charles Michel (MR).

Maggie De Block (Open Vld), ministre de la Santé et des Affaires sociales, abonde en ce sens, précisant que "l’objectif final doit être que notre sécurité sociale et nos soins de santé continuent à être accessibles et de haute qualité pour les générations future".

Des réformes qui porteront (aussi ?) leurs fruits

Et, comme pour valider les actions politiques futures, le gouvernement fédéral pointe les bienfaits de ses actions passées : un tax shift qui a "augmenté le pouvoir d'achat" (gain moyen de 58 euros selon les chiffres avancés); le chômage qui "recule en Belgique" (570 903 à la fin de l’année 2015); le nombre de créations d'entreprises qui "enregistre sa meilleure performance depuis 10 ans" (augmentation de 6,4% de nouveaux entrepreneurs au premier trimestre par rapport à l'année précédente); la résorption du handicap salarial; le "net recul" du nombre de faillites dans les trois Régions du pays; la lutte contre la fraude fiscale "qui a rapporté 228 millions d'euros", etc.

Le fédéral assure avoir, depuis octobre 2014, "toujours privilégié la concertation sociale conformément à l'accord de gouvernement", concluant ainsi de "nombreux accords", "notamment lors de la négociation interprofessionnelle 2015-2016". Et le communiqué de rappeler que "le Conseil des ministres restreint a approuvé les modifications proposées par le groupe des 10 sur l’accès au crédit-temps, au crédit-temps de fin de carrière et aux prépensions".

Le 11 février, poursuit le gouvernement, le kern a approuvé une série de mesures :

  • La marge salariale, initialement nulle en 2015-2016 dans l’accord de gouvernement et ce, en vue de recouvrer notre compétitivité, a été modifiée, selon les termes de l’accord des partenaires sociaux : elle est de 0,3%+0,5% en 2016
  • La reconduction des CCT bisannuelles
  • L’enveloppe affectée à la liaison au bien-être a été confiée, pour répartition aux partenaires sociaux, à 100%. Cela représente une augmentation de +44%, soit 946,7 millions d'euros pour 2015-2016 contre 656,9 millions d'euros lors du gouvernement d'Elio Di Rupo (PS), soit un différentiel de +289,8 millions d'euros. En 2018, l’enveloppe sera de 1,2 milliard d'euros
  • Lors de l’affectation de l’enveloppe bien-être, le gouvernement a revalorisé les allocations d’insertion
  • L’accord intervenu au sein du groupe des 10 sur la finalisation de la phase 1 du rapprochement des statuts d’ouvrier et d’employé

"Il faut remonter loin dans le temps pour trouver autant d'accords sociaux en quelques mois"

Ce à quoi s'ajoutent pêle-mêle : un avant-projet de loi en matière de pension complémentaire – en accord avec le groupe des 10 –, un report d'application de la mesure de suppression des allocations d'insertion pour les personnes handicapées – en accord avec les partenaires sociaux –, un accord social chez Belgocontrol, ou encore une "réponse favorables aux attentes des syndicats policiers à Brussels Airport".

Un bilan qui fait dire au ministre de l'Intérieur et vice-Premier ministre Jan Jambon (N-VA) qu'il "faut pouvoir remonter loin dans le temps pour trouver autant d'accords sociaux conclus en quelques mois".

Réforme du travail "en gardant la semaine des 38 heures"

Le gouvernement rappelle enfin "qu'il reste encore de nombreux dossiers soumis à la concertation sociale dans les prochaines semaines". Au sujet de la réforme du travail, l'équipe Michel indique ainsi qu'il est prévu, "tout en gardant la semaine des 38 heures", de négocier notamment sur l’annualisation du temps de travail, sur les crédits d’heures supplémentaires de 100 heures, sur la formation, sur la création d’un compte-carrière, sur la période d’essai.

"Le projet du travail faisable poursuit trois objectifs clairs : le travail faisable pour tous, la création d’emplois supplémentaires grâce à la modernisation de l’économie et une plus grande flexibilité du marché du travail, commente Kris Peeters (CD&V), ministre de l’Emploi. Sur ces points, nous allons consulter les travailleurs et les employeurs."

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