La rentrée vue par Charles Michel

C’est le propre de toutes les reprises… On retrouve généralement les dossiers ou les problèmes là où on les a laissés. Le gouvernement Michel n’échappe pas à la règle même si le Premier ministre peut envisager relativement les choses sereinement.

Social

Là où on l’attendait plutôt sur les dossiers de l’été (tax-shift, bisbilles dans la majorité, réfugiés, etc…) Charles Michel s’est plutôt placé d’emblée sur le terrain de la concertation sociale. Croissance économique et création d’emplois sont, on le sait les marqueurs, les critères d’évaluation que cette coalition s’est choisie. Le Premier a vu informellement "certains" interlocuteurs sociaux, sa porte est ouverte pour une concertation plus formelle avec patrons et syndicats, même si on sait que, si aménagements il y a, ce ne sera qu’à la marge. Pas question de revenir sur des symboles comme le saut d’index, la pension à 67 ans, le contrôle à domicile ou l’exclusion de certains chômeurs. Sur de telles bases, pas sûr que cela ramène la FGTB à la table, mais finalement cela arrange très bien le gouvernement fédéral de voir le front syndical fragilisé, en concurrence avant les élections sociales du printemps prochain.

La manifestation nationale du 7 octobre en guise de gâteau d’anniversaire pour la première bougie de Michel 1er ? Même pas peur ! Après avoir survécu aux actions de l’automne dernier, ce n’est plus dans l’"air du temps".

Fiscal

Comme très souvent dans une coalition, le danger est interne. Le différend entre CD&V et Open VLD sur la réforme fiscale n’est pas réglé. En ne convenant que des grands principes fin juillet, la coalition s’expose à des arbitrages douloureux en interne sur les modalités pratiques sur ce qui reste une taxation accrue des citoyens au profit de créations d’emplois très hypothétiques.

Ces modifications fiscales impliquent aussi une information/discussion avec les Régions. Fier de ses prérogatives, Charles Michel ne veut pas parler de concertation. Mais après l’énorme bourde sur l’effort budgétaire soi-disant demandé aux Régions, le Premier ministre est devenu plus prudent… par politesse, dit-il même.

Le Fédéral risque de retrouver face à lui un "front des Régions" bien plus coriace que le front commun syndical ; le ministre-président flamand (N-VA !) a déjà prévenu, dans Trends, la Flandre ne veut pas payer pour le tax shift fédéral. On peut s’attendre à que Wallonie et Bruxelles lui emboitent le pas.

Mais Charles Michel a eu aussi une chance : l’opposition tarde à trouver ses marques, elle a fait son deuil d’un retour aux urnes rapide et pour le Premier ministre, les soucis viendront bien plus des états d’âme du CD&V, du radicalisme populiste de la N-VA ou des coups-de-tête de l’Open VLD que de la virulence du PS, des atermoiements d’Ecolo ou du cdH ou de l’obstination de la FGTB.

@PhWalkowiak

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