L'opposition PS et Ecolo-Groen fustige la N-VA qui veut enterrer la taxe Tobin

Bart De Wever et Sander Loones, président et vice-président de la N-VA
Bart De Wever et Sander Loones, président et vice-président de la N-VA - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

La N-VA appelle ses partenaires de coalition au gouvernement fédéral à débrancher la prise de la taxe Tobin. "Les temps semblent mûrs pour débrancher la prise de cette idée de nouvelle la taxe après un long chemin de souffrance", écrit le député européen N-VA Sander Loones (N-VA), dans une carte blanche publiée par le quotidien De Tijd.

La taxe Tobin constitue une taxe sur les transactions financières. Au niveau européen, dix pays dont la Belgique négocient sa mise en œuvre depuis plusieurs années. Une proposition de compromis doit atterrir sur la table des ministres des Finances européens le mois prochain. A ce moment, le ministre N-VA des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) devrait également s'exprimer au sujet de la taxe.

"La taxe a plus d'inconvénients que d'avantages. C'est l'illustration de la fausse bonne idée. Dans ce cas, nous pouvons accompagner vers la sortie de milliers d'emplois et le coup fatal au secteur financier en Belgique sans parler de la remise en question du rôle de Bruxelles comme place financière", estime l'eurodéputé N-VA.

Pour la N-VA, qui demande au Vice-premier ministre CD&V Kris Peeters de s'opposer à la taxe Tobin, l'impact de celle-ci se ferait ressentir en dehors du secteur financier également.

Ecolo-Groen: "La N-VA enterre la justice fiscale internationale"

La volonté de la N-VA d'enterrer la taxe Tobin est "totalement inacceptable", a réagi mardi le chef du groupe Ecolo-Groen à la Chambre, Kristof Calvo. "Après avoir saboté la justice fiscale au niveau national, la N-VA sème la zizanie au niveau européen", déplore-t-il. Les Verts demandent au Premier ministre Charles Michel de "rappeler à l'ordre la N-VA et de ne pas abandonner la taxe Tobin".

Pour Kristof Calvo, la perspective que la Belgique quitte les négociations serait "honteuse", car cela signifierait de facto la mort de la taxe Tobin. L'introduction d'une taxe sur les transactions financières permettrait de lutter contre la spéculation destructive et d'aller vers plus de justice fiscale au niveau européen, estime Ecolo-Groen.

"La N-VA montre à nouveau son vrai visage comme parti des grandes banques et des multinationales", ajoute Kristof Calvo, qui souligne que le MR s'est toujours dit en faveur d'une taxe Tobin, y compris Charles Michel.

PS: "Une marche arrière serait inacceptable"

Le groupe PS à la Chambre demande à Charles Michel de frapper du poing sur la table et de rappeler qu’il est le garant de l’exécution de l’accord de gouvernement. Pour le député PS Stéphane Crusnière, une marche arrière du gouvernement Michel serait inacceptable: "Depuis 2004, notre pays a réitéré, de la manière la plus officielle qui soit - loi, résolution, coopération renforcée - son soutien à la mise en place d’une taxe sur les transactions financières. La volte-face à laquelle nous assistons aujourd’hui est impensable et inacceptable ! Ce n’est quand même pas la N-VA qui doit décider de tout dans ce pays et de ce qui est bon ou pas bon dans une déclaration de gouvernement auquel elle participe ! A part la N-VA, les partis de la majorité actuelle ont totalement adhéré à cette volonté d’aboutir à la mise en place de cette taxe".

Depuis des mois, le groupe PS dénonce la stratégie du pourrissement élaborée par le ministre des Finances dans ce dossier. " Pour protéger un secteur qui a détruit l’économie réelle. Rappelons qu’il s’agit d’une taxe sur les transactions financières à faible taux mais qui doit permettre de réguler autant que faire se peut les marchés financiers et qui engendrera de nouveaux moyens pour la solidarité européenne et internationale. Ici la N-VA nous annonce clairement son choix : protéger le monde de la finance qui est pourtant responsable de cette crise. " ajoute le député socialiste.

Open Vld: les conditions pour une taxe Tobin ne sont pas remplies

L'Open Vld, en revanche, trouve "masochiste" que la Belgique approuve une taxe qui ne serait pas appliquée dans toute l'Union européenne ou au moins dans tout le Benelux. Sans la participation des Pays-Bas et du Luxembourg, la taxe Tobin coûtera des emplois et chassera les institutions financières du pays "juste au moment où de grandes institutions installées au Royaume-Uni pensent à traverser la Manche", considère le vice-premier ministre Open Vld Alexander De Croo, interrogé par l'agence Belga. Actuellement, les conditions pour une taxe Tobin ne sont pas remplies, conclut-il.

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