Jan Jambon a le sourire: "Une victoire des Diables et une contre le terrorisme"

Jan Jambon (N-VA) a passé un bon week-end. Excellent même. Et pour cause, il a été marqué par "deux victoires", dit-il, pour notre chère Belgique : "Une victoire des Diables rouges et une victoire de nos services de sécurité dans notre combat contre le terrorisme." Autrement dit, le genre de week-end qui semble donner le sourire au ministre de l'Intérieur, invité de Matin Première ce lundi.

Sauf que, bien entendu, pour ce joli 3-0 planté à l'Euro par notre équipe nationale face à l'Irlande, le ministre n'est pas compétent en la matière. Lui, ce sont davantage les perquisitions et arrestations menées ce week-end dans le cadre d'une enquête pour terrorisme.

Et parmi les individus interpellés, on retrouve deux proches des frères El Bakraoui, kamikazes des attentats du 22 mars à Bruxelles. Et, au total, trois mandats d'arrêt ont été délivrés pour tentative d'assassinat dans un contexte terroriste.

Des "soft targets" surveillées

Jan Jambon ne fera pas de commentaire sur l'enquête, laissant au parquet le soin de le faire lorsqu'il le jugera bon. Sur les cibles potentielles toutefois – des lieux de rassemblement de supporters auraient été visés –, le ministre de l'Intérieur est un rien plus loquace.

"Depuis que nous sommes au niveau 3 de la menace (terroriste, sur une échelle de 4, ndlr), c'était déjà des 'soft targets' (cibles faibles) qui étaient le sujet de cette menace. Avec le championnat en France, et avec tous les écrans sur nos marchés et dans les différents quartiers, on sait que beaucoup de gens s'y rassemblent. Il est clair que, pour ces événements-là, on augmente les mesures de sécurité. C'est de la responsabilité du gouvernement et du secteur public de garantir cette sécurité pour les gens qui veulent voir le football et le fêter après."

"Pas de peur, pas de panique, et continuer à aller voir les matchs"

Malgré ces opérations et malgré ces menaces, Jan Jambon ne veut guère formuler la consigne du "Restez chez vous, supporters". Il s'y refuse, assurant que nous devons "continuer notre train de vie, sinon, si on s'adapte aux menaces terroristes, on fait le jeu des terroristes".

"Ça, je ne veux pas, dit-il. Il n'y a pas de raison de se mettre en panique ou d'avoir peur. Mais il est clair que l'on doit suivre les directives des services de sécurité en détail, il faut être attentif. Mais, pas de peur, pas de panique, et continuer notre train de vie. Ça veut dire : suivre le football, suivre les matchs et fêter quand il y a lieu de le faire."

Peut-on pour autant dire que le risque d'attentat est moindre aujourd'hui, malgré qu'aucune arme n'ait été retrouvée lors de ces perquisitions ? "L'analyse de l'OCAM est restée au niveau 3, martèle-t-il. Cela signifie que les chances qu'une attaque se prépare sont encore grandes. Moins de risque, oui, car, à chaque terroriste arrêté, on diminue le risque. Mais cela reste encore au niveau 3, donc ça continue."

"Les terroristes doivent être inquiets 24 heures sur 24"

Et pour la première fois, ces perquisitions ont été menées la nuit. La législation a changé sous l'impulsion du gouvernement Michel : ces opérations peuvent désormais être effectuées 24 heures sur 24. "Ça a changé la donne", assure Jan Jambon. "Avant, on devait arrêter les choses à 21 heures. Maintenant, les terroristes doivent être inquiets 24 heures sur 24, car on peut intervenir et les arrêter aussi pendant la nuit. Ici, c'était le premier exemple."

D'autres mesures doivent encore entrer en vigueur, comme l'allongement de la durée potentielle des gardes à vue, "mais, là, les discussions sont toujours en cours au Parlement, car, pour cela, il faut changer la Constitution". La majorité des deux tiers, nécessaire pour modifier cette loi, devrait bientôt être trouvée, assure toutefois le ministre de l'Intérieur.

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