Faire la guerre à Daesh? "Il ne faut pas aller trop vite"

Invitée de L'Acteur en Direct de Matin Première ce vendredi matin, la ministre fédérale de l'Energie s'est dit "choquée", "comme tout le monde", "par ce petit corps d'enfant sans vie sur la plage qui est le symbole de l'horreur de la guerre qui fait fuir tout ces gens et qui les amène là où ils peuvent, c'est à dire en Europe"

Quant à savoir s'il faut aller jusqu'à une intervention militaire, comme le réclame le président du CD&V, Wouter Beke, Marie-Christine Marghem (MR) répond : "Le problème est très compliqué et je pense qu'en une déclaration, on n'a pas donné une réponse"

Autrement dit, il ne faut pas réfléchir trop vite à la solution militaire : "Je suis prudente et en même temps, on ne décrète pas comme ça du jour au lendemain une solution militaire sur un territoire, même si on estime que l'activité de cet État islamique ou Daesh, est une activité territoriale totalement illégitime. Ces gens mettent dehors les habitants de ce pays pour se l'approprier. Mais cela doit se faire dans un cadre international, dans le cadre de l'ONU, bien entendu, qui, je le rappelle, est, avant tout, un organisme de paix. Et donc, toutes ces questions qui amèneront ces gens à réfléchir ne vont peut-être pas déboucher sur la demande de Wouter Beke".

"Il faut agir avec générosité mais pas plus que nos forces"

"En Europe, on doit avoir une politique commune et les ministre européens de l'Intérieur vont se réunir pour essayer de trouver une position commune", rappelle la ministre libérale qui souligne le courage de la chancelière allemande, Angela Merkel, "qui rappelle quand même que les fondements de l'Europe sont des fondements de démocratie, de générosité, et du respect du droit, de la liberté et de la dignité humaine".

Et quand on lui fait remarquer que la position du ministre belge de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), est assez éloignée de celle d'Angela Merkel, elle affirme que "les deux vont ensemble" : "Nous l'avons répété, nous agissons sur deux jambes : la jambe de la générosité et du respect de la dignité humaine est essentiel parce qu'elle combat tout ce qui est relent raciste ; et la jambe de la fermeté est essentiel aussi parce que nous ne pouvons pas accueillir plus que nos forces ne nous permettent".

Blackout : "Il y a beaucoup moins de risques que l'année passée"

Outre la crise des réfugiés, il a également été question du risque de blackout pour l'hiver prochain. 

Marie-Christine Marghem estime qu'elle a fait "ce qu'il fallait" depuis qu'elle a hérité du portefeuille de l'Energie : Doel 1 et Doel 2 ont été prolongés, une réserve stratégique a été constituée et il y a aussi "l'interconnexion"

En d'autres mots, "il y a beaucoup moins de risques que l'année passée, mais on ne peut jamais exclure totalement une vague de froid sur l'Europe de l'ouest, qui ferait que, par exemple, la France aurait besoin de son électricité, les Pays-Bas également et que donc, l'interconnexion et l'électricité que l'on peut amener de ces pays, ne soit pas fournie".

"Nous sommes quand même toujours tout juste et donc, si tout va bien, nous n’aurons pas de problème. Et donc, le plan de délestage n'est là que s'il y a une difficulté", ajoute-t-elle, "un plan d'urgence au cas où"

Un plan de délestage qui a été revu, précise-t-elle, pour tenter de "rééquilibrer les choses" sur l'ensemble du territoire. 

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