Climat: quatre ministres, un pré-accord et un mois pour le renégocier

Les quatre ministres de l'Environnement que compte Belgique doivent se mettre d'accord.
Les quatre ministres de l'Environnement que compte Belgique doivent se mettre d'accord. - © T.M. avec BELGAIMAGE

La COP21 s'ouvre dans un mois à Paris et se déroulera du 30 novembre au 11 décembre. Cette conférence sur le climat doit déboucher sur un accord mondial en vue de lutter contre le réchauffement climatique. Chaque pays la prépare en interne.

Et chez nous, ce ne sont pas moins de quatre ministres de l'Environnement qui sont concernés par la question. Tout le monde est compétent dans son coin, et personne n'a le dessus pour trancher quand ça coince. Il suffit qu’un des interlocuteurs dise non, et tout est bloqué.

Il y a une semaine, ces quatre ministres, représentant les trois Régions et le gouvernement fédéral, annonçaient qu'ils avaient conclu un accord sur la répartition entre eux des efforts environnementaux destinés à atteindre nos objectifs climatiques. Un accord requalifié ensuite de "pré-accord" par le Premier ministre Charles Michel. Reste que c'est un compromis historique puisque les négociations entre les différentes entités du pays duraient depuis plus de six ans, et nous sommes à quelques encablures de la COP21.

Faire plus avec moins

Car œuvrer pour le climat, ce sont des investissements et donc de l'argent. Construire des éoliennes pour plus d'énergie renouvelable, des maisons passives pour moins de CO2... Tout cela coûte cher. Chacun essaie d'en faire le plus avec le moins d'argent. Ce qui explique les discutions incessantes, pendant des années, sur quelques dixièmes de pourcent de quota de CO2.

Compliqué au point qu'on sait maintenant que ce fragile compromis devra être renégocié. Les gouvernements wallon et bruxellois avaient rapidement validé la part d'effort qui leur était demandée. En revanche, au sein du gouvernement flamand, la N-VA avait, dès lundi, désavoué la ministre CD&V de l'Environnement, Joke Schauvliege. Ils en reparlent ce vendredi matin en Conseil des ministres.

Ajustements techniques nécessaires

Mardi, sur nos antennes, le vice-Premier ministre N-VA du gouvernement fédéral, Jan Jambon, emboîtait le pas en estimant que le pré-accord était trop défavorable à la Flandre, mettant ici, sa collègue MR au sein du gouvernement Michel, Marie-Christine Marghem, dans l'embarras.

Côté francophone, on fulmine et on parle de communautarisation du dossier. Les vieux démons de la Belgique reviennent au galop.

La ministre Marghem était venue s'en expliquer en Commission à la Chambre reconnaissant des ajustements techniques nécessaires, mais en omettant de dire qu'elle disposait depuis la veille d'un document de la Commission Européenne qui contestait que la contribution en matière d'énergie renouvelable du fédéral puisse atteindre 2,75%. Des ressources comme l'importation d'énergie verte ou produites par la turbine sur l'Amblève près de la cascade de Coo ne pouvant être comptabilisées.

De quatre à... 196 ministres

C'est ce qu'a confirmé Charles Michel jeudi à la Chambre. Le Conseil des ministres fédéral en a rediscuté ce vendredi matin, sans que rien ne filtre. Côté flamand, le gouvernement annonce avoir donné à la ministre en charge de la politique climatique Joke Schauvliege (CD&V) un mandat pour renégocier l'accord. Il ne reste que quatre semaines avant la COP21 pour sauver l'accord intra-belge sur le climat.

Chez nous, les discussions "climat"  sont un petit peu à l'image du monde. Il existe un objectif commun à tous les humains. Et tout le monde doit faire une partie de l'effort. C'est cette répartition de l'effort qui coince. Et si un accord est déjà complexe à quatre ministres en Belgique. Qu'en sera-t-il avec 196 membres à Paris.

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