Climat: quand, après six ans, la N-VA achève la crédibilité de la Belgique?

Charles Michel allait s'adresser au monde. Restait à savoir si le monde allait l'écouter en souriant.
Charles Michel allait s'adresser au monde. Restait à savoir si le monde allait l'écouter en souriant. - © BELGA

Toujours pas de "ja" au nord du pays sur l'accord de répartition des efforts climatiques. Lundi soir, le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) a dit avoir déposé sur la table une nouvelle "proposition qui demande un effort supplémentaire à toutes les entités", sans en dire plus.

Il n'y a aujourd'hui plus réellement d'échéance : le Premier ministre Charles Michel a bel et bien pris la parole lundi soir à la 21ème Conférence de l'ONU pour le climat à Paris, sans accord national sous le bras. Après avoir remporté le "Prix Fossile", la crédibilité de la Belgique est bien entamée sur le plan climatique.

Seul le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V) se risque encore à fixer une vague date : conscient de la mauvaise image que cela renvoie, il dit espérer un accord avant la fin de la COP21.

Coupable, en trois lettres

En interne, le responsable de ce fiasco semble tout désigné, un coupable nommé N-VA. Les nationalistes flamands avaient déjà fait sauter le premier pré-accord intervenu fin octobre, sous prétexte qu'il était défavorable à la Flandre. Après six ans, il restait alors tout juste un mois pour renégocier le tout. De nouvelles discussions qui ont abouti ce lundi, en toute dernière minute (une habitude), alors que Charles Michel allait s'adresser au monde.

Restait à savoir si le monde allait l'écouter en souriant.

Son partenaire au fédéral a décidé que "ja" en se fendant d'un "nee".

Car, non, le pré-accord de la toute dernière chance n'a rien donné. Dommage, dirons certains, après six ans. La Flandre (la N-VA ?) balaie. À nouveau. Mais la Flandre propose. Cette fois.

Reste à savoir ce qu'elle propose, et si les trois autres parties, fédéral, Wallonie et Bruxelles, accepteront, ou balaieront à leur tour. Une dernière option qui pourrait replacer tout ce beau monde devant une page blanche. En pleine COP21, et après six ans, on ne serait plus à cela près.

Pluie de critiques

Alors, du côté des autres entités, on se lâche, on se fâche, avant de se remettre plus que probablement autour de la table avec la Région flamande. Car, nous dit-on, il en va, quand même, de notre "responsabilité". Après six ans, quand même, la "responsabilité" n'est pas maigre.

La négociatrice et ministre bruxelloise de l'Environnement Céline Frémault (cdH) pointait ce mardi matin l'ironie de la situation : "Le Premier ministre a pu compter sur le sérieux et le volontarisme de deux partis de l'opposition fédérale, à savoir le cdH et le parti socialiste. Alors que ses propres partenaires étaient en train de le lâcher. Il est temps aussi que le Premier ministre ramène la N-VA à la raison". Et elle ajoute : "Je pense sincèrement que cela suffit et qu'il n'y a plus de viande autour de l'os".

Le négociateur et ministre wallon de l'Énergie de la Région Paul Furlan (PS) pointe quant à lui une N-VA qui, "presque volontairement", a torpillé "le Premier ministre, la Belgique et sa crédibilité". Il espère maintenant que la proposition flamande sera crédible, car "il existe deux manières de dire non: le dire, ou poser dans la négociation des conditions telles qu'il soit impossible d'y arriver". Le ministre parle de "chantage" et craint que la N-VA dissimule le refus de tout accord.

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