Calvo (Ecolo-Groen):"Galant n'a pas encore compris qu'il y a vraiment un problème"

Alors que la ministre Jacqueline Galant (MR) doit déposer ce lundi matin, à la Chambre, tous les documents relatifs à l’affaire du cabinet d’avocats Clifford Chance, Bertrand Henne recevait au micro de Matin Première, l’un des députés de l’opposition les plus actifs, et les plus virulents aussi, l’écolo-Groen, Kristof Calvo.

D’emblée le chef de file des Verts à la Chambre, fidèle à sa réputation de parlementaire pointilleux, souligne ne pas encore avoir reçu ces documents. "Je viens de contrôler notre boite mail et on a encore rien reçu. C’est peut-être le premier constat à faire ce matin, Jacqueline Galant n’a pas encore compris qu’il y a vraiment un problème car le dossier est, pour nous Ecolo-Groen, surtout un problème de transparence". Une transparence par ailleurs également demandée par le président de la Chambre, Siegfried Bracke (N-VA).

Elle a commis quatre infractions

Car si presque tout semble avoir été dit dans cette affaire d’un point de vue technico-légal, il reste d’autres aspects. Attaquée de toutes parts, la ministre a tenté de botter en touche, sans convaincre grand monde, pas même dans son propre parti. 

"L’important c’est qu’elle soit honnête vis-à-vis du parlement. Plusieurs problèmes persistent dans ce dossier. Je vois dans les journaux que sa ligne de défense sera l’erreur technique et administrative, or ce n’est pas le cas. Elle a commis quatre infractions relatives aux lois des marchés publics. Et en plus elle a menti au parlement. C’est donc vraiment une question grave. Avoir les documents est donc important, y compris pour les parlementaires de la majorité qui la soutiennent jusqu’à présent, ce qui est bizarre".

C’est important de pouvoir également questionner le Premier ministre

Comment dès lors discerner le vrai du faux dans ce dossier ? "C’est important de pouvoir également questionner le Premier ministre. Il a fait des déclarations importantes il y a deux semaines. Le dossier est trop important et les mensonges sont trop graves pour parler de bonne foi, d’imprudence".

Et Kristof Calvo de surenchérir en soulignant que tout le monde y perd dans cette affaire : "Que pensent les gens avec des affaires comme le Galantgate ? Que les politiques sont tous les mêmes ! Avec des affaires comme celle-là, on renforce l’image négative de la politique. Et donc un Premier ministre se doit d’être clair sur un sujet comme celui-là".

La démission, seule solution pour la ministre Galant ?

"À moins d’avoir de nouveaux éléments, je ne vois pas d’autre porte de sortie pour la ministre Galant que la démission. Si on voulait être cynique, on demanderait qu’elle reste car on aurait encore d’autres dossiers intéressants avec des ministres comme Jacqueline Galant. Mais nous on veut un ministre capable de gérer des dossiers importants comme la SNCB, ou la mobilité douce".

L’incompétence comme caractéristique principale de ce gouvernement Michel ? "Je ne peux que constater pour madame Marghem et pour madame Galant que dans des matières très importantes, à quelques semaines de la conférence sur le climat de Paris, rien n’a été fait, ou presque, notamment dans le cadre de la politique énergétique".

Electrabel ne devrait rien payer

Sur le dossier de la prolongation de Doel 1 et Doel 2 justement. À quelques jours (le 30 novembre) de la date butoir pour trouver un accord, aucun montant relatif à la somme qu’Electrabel devrait payer dans le cadre de cette convention n’a encore été décidé. Et dans l’absolu cela ne pose pas de problème à Kristof Calvo. "Pour moi ils ne doivent rien payer, car je ne veux pas la prolongation de Doel. La CREG elle-même, la commission de régulation, dit que ce n’est pas nécessaire de prolonger. En plus, le Premier ministre Charles Michel a décidé de prendre lui-même en main ce dossier et en faisant cela il désavoue la ministre en charge, Marie-Christine Marghem. Que le gouvernement demande quasi sur les genoux le prolongement de Doel 1 et de Doel 2 est assez bizarre. Ces centrales sont vieilles et en plus elles coûtent cher".

Ecolo et Groen, bientôt parti unique ? 

Concernant son livre "F*ck de zijlijn" (F*ck le banc de touche), le chef de file des Verts flamands à la Chambre souligne le but premier de cet essai, au-delà du titre provocateur : "Je voulais dire de manière claire aux gens de faire de la politique. C’est important de prendre part à la politique et de ne pas juste la regarder du bord du terrain".

Au passage, Kristof Calvo en profite également pour égratigner la N-VA et le nationalisme de manière générale : "Je peux pas comprendre que dans le monde politique flamand, on ne puisse pas défendre ce pays. Je décris mon amour pour ce pays et j’invite les autres partis à travailler ensemble".

Travailler ensemble au point de ne faire plus qu’un ? L’alliance entre Ecolo et Groen au parlement pourrait le laisser croire. De même groupe politique, cette union pourrait-elle donner lieu dans un futur plus ou moins proche à une fusion pure et simple entre les deux partis, Kristof Calvo répond sans vraiment répondre : "On l’est déjà, on partage tout, on fait tout le travail ensemble, contre le jeu communautaire de la N-VA mais aussi parfois du PS".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK