Budget: "Plusieurs pistes" pour trouver 1,76 milliard, selon H. Jamar

On pressentait un prochain contrôle budgétaire pénible pour l’État fédéral. Les derniers chiffres du comité de monitoring l'ont confirmé en fin de soirée ce jeudi. En 2015, le gouvernement fédéral va devoir trouver 978 millions d'euros supplémentaires pour rester dans les clous. 

Cela sera moins grave mais guère plus réjouissant pour le budget 2016 : la correction à consentir s'élève pour l'an prochain à 782 millions d'euros supplémentaires. 

Le total cumulé, pour ces deux années, s'élèvera donc à 1,76 milliard.

Les causes principales de cette mauvaise nouvelle : 723 millions de recettes fiscales en moins. Et notamment, 500 millions de TVA ! Une chute inexpliquée, pour l'instant, qui pourrait être due à une moindre consommation, à la baisse de la TVA sur l'électricité ou encore à d'autres paramètres. 

La sécurité sociale, mercredi encore évaluée "dans les clous", accuserait désormais un excédent de 90 millions. 

Ajoutez à cela le fait que l’État fédéral a réduit la facture des Régions (moindres recettes à l'impôt des personnes physiques) de 750 millions à 150 millions, suite à une erreur de calcul. Le Fédéral argumente que ceci n'a guère d'impact, qu'il avait déjà pris en compte un matelas de 350 millions qui pouvait aisément se dégonfler. Il n'empêche, cela complique la tâche des spécialistes du budget. 

Le rattrapage à effectuer d'ici 2018 pourrait monter à 8 milliards d'euros. On se consolera à peine en se rappelant qu'en juin 2014, le chiffre annoncé à cette échéance était de 13 milliards. Le contrôle budgétaire qui s'annonce sera musclé, et le tax shift annoncé pour l'été, très incertain. Le comité de monitoring, censé rendre ses chiffres définitifs au gouvernement fédéral ce jeudi soir, travaille encore cette nuit, preuve que la tâche d'évaluation de l'effort est difficile. 

Hervé Jamar: "Pas d'augmentation de l'IPP"

De lourdes séances d'ajustement budgétaire sont programmées ce week-end. Les questions traditionnelles s'y poseront, résolues par les non moins traditionnels arbitrages entre augmentation des recettes, donc nouvelles ressources, fiscales ou autres, et diminution des dépenses, donc nouvelles économies dans le secteur public.

Hervé Jamar, ministre fédéral du Budget, penche plutôt pour la seconde option. "Il n’est pas question a priori, sauf si le Gouvernement en décide autrement, mais, à ce stade, il n’est pas question d’augmenter la taxe sur l’impôt des personnes physiques par exemple, ou la taxe qui touche directement le pouvoir d’achat du citoyen. Je n’en ai pas entendu parler à ce stade. Ce n’est pas le but, d’autant qu’on parle d’une réforme fiscale qui doit plutôt aller dans l’autre sens".

"Je crois qu’il faut tout d’abord appliquer correctement, très correctement, les règles qui existent en termes de perception des recettes fiscales et non-fiscales. Et rationaliser aussi dans l’ensemble des départements de l’Etat, qui sont plus de 130, le mode de travail qui peut faire quelques économies sans toucher à l’emploi, sans toucher aux conditions de travail", explique-t-il. "Je crois que c’est une demande d’ailleurs aussi des différents secteurs. Donc, il y a plusieurs pistes", ajoute encore Hervé Jamar.

Le contexte européen risque cependant de renvoyer le glissement fiscal (moins de taxes sur le travail, compensé par d'autres d'autres recettes) aux calendes grecques. 

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