Budget: comment interpréter les mesures? Décryptage avec Himad Messoudi

Il est finalement là: l'accord budgétaire du gouvernement Michel est intervenu tôt ce jeudi matin, avec au programme l'ajustement budgétaire 2015, le budget 2016, la compétitivité et le fameux tax shift (ou glissement fiscal).

Des chiffres, des mesures, des lignes budgétaires… Le gouvernement MR-Open VLD-CD&V-N-VA a dégainé son plan en conférence de presse, mettant en avant ce qu'on pourrait qualifier de slogan : un renforcement de 100 euros par mois pour les bas et moyens salaires.

Cela pourrait être perçu comme le résultat de cette batterie de mesures, mais il s'agit en réalité d'un objectif que se fixe l'équipe de Charles Michel. Car la méthode pour y parvenir reste assez floue et, comme l'explique Himad Messoudi, journaliste politique à la RTBF, d'autres négociations devront suivre, avec les Régions.

Et on peut encore se demander ce qu'il adviendra des hauts salaires, de la classe moyenne dont on sait qu'elle est importante pour le MR, l'Open VLD ou la N-VA. "Sera-t-elle le dindon de la farce ?", se demande Himad Messoudi. Pour l'instant, aucune réponse de ce côté-là.

D'autant que, bien qu'il y ait effectivement une baisse de la fiscalité sur le travail, dès lors favorable au pouvoir d'achat, il y a des augmentations par ailleurs. Notamment au niveau de l'électricité, dont la TVA passera de 6 à 21%, qui représente une grande part du tax shift.

Une mesure qui semble nuancer l'augmentation des bas et moyens salaires, mais pour laquelle le gouvernement a un discours clair.

Cette augmentation de la TVA sur l'électricité peut être plus globalement intégrée aux mesures dites "d'éco-fiscalité", et donc principalement les accises. Et, sur ce terrain-là, Himad Messoudi estime que c'est également un signal positif envoyé à l'Union européenne.

Il s'agit principalement d'agir sur les comportements en matière de santé et d'environnement : électricité, diesel, tabac, alcool, mais aussi sodas. Mais ce sont, pour la plupart, des décisions dont les effets en termes de recettes devraient décroître avec le temps.

Autre volet: la fiscalité sur le capital. Annoncée et attendue, elle a fait l'objet de nombreuses négociations pour finalement aboutir à une série de points, notamment au niveau de la lutte contre la fraude fiscale, la "taxe Caïman" ou encore sur la spéculation.

La version définitive de l'accord ne comprend cependant pas toutes les mesures souhaitées ou évoquées par l'opposition ou par la majorité elle-même.

On pense notamment à la bien nommée "taxe Marc Coucke" en référence à la revente, par l'entrepreneur flamand du même nom, d'Omega-Pharma pour un 1,45 milliard d'euros. Réclamée par le CD&V, cette taxe a été retirée dans la dernière ligne droite.

Une kyrielle de mesures a donc été annoncées; reste à voir quand elles seront mises en place. Et, là aussi, peu de choses sont déjà planifiées.

Seule l'augmentation de la TVA sur l'électricité a été fixée: elle interviendra le 1er septembre 2015. Pour reste, ce sera 2016, sans qu'un calendrier précis ne soit pour autant avancé.

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