Budget: 2,4 milliards? Non! Il faut trouver 4,2 milliards

Budget: 2,4 milliards? Non! Il faut trouver 4,2 milliards
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Budget: 2,4 milliards? Non! Il faut trouver 4,2 milliards - © DIRK WAEM - BELGA

Coup de tonnerre rue de la Loi : le gouvernement fédéral ne doit plus trouver 2,4 milliards, comme le comité de monitoring l’enjoignait de le faire au début de l’été, mais pas loin du double, 4,2 milliards, selon nos informations obtenues à très bonne source.

Ce chiffre provient toujours du service macrobudgétaire du SPF Budget et Contrôle de Gestion qui a réalisé une "actualisation" des chiffres du comité de monitoring.

Il en ressort, écrit le cabinet de la ministre du Budget Sophie Wilmès (MR), que, "pour suivre la trajectoire budgétaire reprise dans le Programme de stabilité 2016-2019, un effort supplémentaire doit être réalisé à hauteur de 2,3 milliards d’euros en 2016 et de 1,9 milliard supplémentaire en 2017".

"Pour 2016, l’effort initial avait été fixé à 1,3 milliard d’euros dans le rapport du Comité de Monitoring de juillet; il est fixé désormais à 2,3 milliards", détaille le communiqué du ministère, transmis peu de temps après la parution de notre article.

Cette mise à jour a été reçue par les principaux ministres du gouvernement fédéral ce mercredi, en fin d’après-midi.

Rentrées fiscales en baisse et hausse des dépenses primaires

C’est donc la douche (très) froide pour le gouvernement Michel. Comment expliquer ce trou dans les comptes fédéraux encore plus important que prévu ? Les "usual suspects" sont à pointer du doigt : rentrées fiscales moins importantes que prévu, comme nous vous l’annoncions sur ce site il y a deux semaines, "pour un montant de 540 millions d’euros", mais aussi trou dans la sécurité sociale, entre autres.

Pour 2016, le cabinet de la ministre Wilmès évoque également "la correction cyclique dont l’impact de la révision est estimé à 474 millions d’euros". Quant à 2017, les 1,9 milliard d’euros supplémentaires "s’expliquent principalement par une révision à la hausse des dépenses primaires à hauteur de 184 millions d’euros et du solde de la sécurité sociale à hauteur de 698 millions d’euros".

"Ces augmentations sont principalement dues au fait que le dépassement de l’indice-pivot aura lieu plus tôt que prévu initialement (en août 2017 au lieu de décembre 2017) et par une révision à la baisse des recettes compte tenu de la révision des paramètres de croissance pour 2017."

"On constate également une révision du solde de l’INAMI qui se détériore à hauteur de 169 millions d’euros et une révision à la baisse des recettes fiscales totales pour 916 millions d’euros dont 540 millions d’euros proviennent déjà de la révision de 2016", justifie encore le cabinet de la ministre.

23 jours chronos

Le gouvernement fédéral avait décidé de ne pas avancer dans l’élaboration du budget 2017 cet été, comme il est de coutume. Les travaux ont officiellement débuté le 16 août, mais avancent à un train de sénateur, nous indique-t-on. Les principales huiles de l’équipe Michel ont toujours avancé que la "deadline" pour boucler le budget, c’était l’envoi de ce dernier à la Commission européenne, soit le 15 octobre. Il reste donc trois semaines – 23 jours – pour boucler le budget 2017.

Et en "bonus", la majorité voudra s’entendre sur la loi travail de Kris Peeters et une réforme de l’impôt des sociétés menée par Johan Van Overtveldt. Et l’on sait que l’Europe est sensible à ces réformes structurelles lorsqu’il s’agit de "passer l’éponge" sur des engagements budgétaires plus compliqués que prévu à tenir.

La semaine dernière, Bart De Wever déclarait à nos confrères de L’Écho que sa seule déception, concernant le gouvernement Michel, était le budget. Il ne croyait pas si bien dire.

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