Bart De Wever plaide pour un Patriot Act, nouvelle cacophonie au Fédéral

Bart De Wever, président de la N-VA et bourgmestre d’Anvers, estime que la Belgique doit se doter de sa propre version du Patriot Act. Pour rappel, il s’agit de ce paquet de mesures mises en place par l’administration Bush suite aux attentats du 11 septembre 2001.

Le chef de file du parti séparatiste flamand était l’invité de Radio 2 Antwerpen ce vendredi-matin. C’est à cette occasion qu’il a évoqué la nécessité d’un débat sur la mise en place d’un attirail de mesures censées répondre à la menace terroriste.

"Suite aux attaques (terroristes), le débat démocratique a débuté concernant les méthodes de renseignements qui peuvent être utilisées pour suivre les gens. Je pense qu’il est temps pour une sorte Patriot Act, mais avec un respect maximal pour nos droits civiques et nos libertés", a lâché l’élu nationaliste.

Avec quelles mesures? Sous quelle forme? Avec quels moyens? Bart De Wever n’a donné aucune précision.

Les partenaires de la coalition fédérale se cabrent: "Nous ne voulons tout de même pas d’un Guantánamo à la belge?"

Il ne faut toutefois en rien y voir une critique de l’action du gouvernement fédéral dont son parti est la principale composante mais que la N-VA ne s’est pourtant pas privée de mettre en difficulté depuis sa mise en place. En matière d’antiterrorisme, Bart De Wever a en effet estimé que "toutes les mesures que le gouvernement a prises vont dans la bonne direction".

Une reconnaissance qui n’a visiblement pas rendu cette pilule moins amère pour les autres membres du gouvernement, visiblement pas consultés avant cette énième sortie.

En effet, parmi les membres d’autres partis de la coalition fédérale qui se sont exprimés sur le sujet… aucun n’a soutenu cette proposition. "S’il y a plus de respect pour les principes démocratiques, ce n’est déjà plus un Patriot Act", a commenté Alexander De Croo le ministre Open VLD de la Coopération au développement, interrogé par la VRT. "Regardons ce qui est vraiment nécessaire, ne nous dispersons pas", a déclaré le vice-Premier.

Autre vice-Premier a s’être exprimé, Didier Reynders (MR) a également fait savoir qu’il n’était vraiment pas favorable à l’initiative proposée par le président du premier parti du pays. "Nous ne voulons tout de même pas d’un Guantánamo à la belge?", a ironisé le ministre des Affaires étrangères, se référant à la tristement célèbre prison militaire américaine située à Cuba. Les suspects de terrorisme y sont emprisonnés en dehors de tout processus légal classique, sans inculpation et sans possibilité de faire valoir leurs droits les plus fondamentaux. La torture y est pratiquée de façon systématique. Barack Obama a promis de fermer cette prison dès 2008. Ce centre détention existe cependant toujours.

"Un peu bizarre que De Wever ne soit pas au courant des dernières évolutions aux Etats-Unis” a pour sa part réagi le ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V) faisant référence au fait que les Etats-Unis eux-mêmes sont revenus sur ces mesures dont beaucoup étaient dénoncées par les associations de défense de la vie privée et des droits de l’homme mais également par de nombreux élus nationaux et dirigeants internationaux. Il a dès lors été remplacé en juin dernier par le Freedom Act qui amende les mesures les plus controversées du Patriot Act.

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