Avant qu'il ne soit relâché, Theo Francken qualifie Fayçal Cheffou de "djihadiste extrémiste répugnant"

Theo Francken qualifie Fayçal Cheffou de "djihadiste extrémiste répugnant"
Theo Francken qualifie Fayçal Cheffou de "djihadiste extrémiste répugnant" - © Tous droits réservés

Inculpé de participation aux activités d'un groupe terroriste avant d'être remis en liberté, le suspect Fayçal Cheffou était présenté par plusieurs médias comme étant l'homme au chapeau apparaissant sur les images des caméras de sécurité de l'aéroport de Zaventem juste avant l'attentat de mardi. Même si son identité n'a jamais été précisée par le parquet fédéral, cela n'a pas empêché le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA) de réagir avec virulence, avant l'annonce de sa libération.

Ce suspect était-il ce journaliste indépendant qui a également été coordinateur du parc Maximilien, où de nombreux réfugiés dormaient sous en tentes jusqu'en octobre dernier ? Des médias l'affirment. Mais, encore une fois, rien ne le permet aujourd'hui.

Theo Francken ne s'embarrasse pas visiblement pas de ces détails : "Douillet, ça ne l'était certainement pas avec ce djihadiste extrémiste répugnant comme 'coordinateur du campement'", a-t-il tweeté ce dimanche, accompagnant le message d'une photo de l'homme durant une interview.

Le secrétaire d'État fait allusion à un autre de ses tweets publié en septembre, et qui lui avait valu une volée de bois verts. Il disait alors avoir offert aux réfugiés ce qu'il fallait, avec l'ouverture d'un nouveau centre d'accueil de 500 lits. Mais seules 14 personnes s'y étaient rendues. "Apparemment, ils préfèrent leur campement de tentes trop confortable. Les critiques s'arrêtent ici. Les excuses sont les bienvenues. Merci", avait-il lancé.

"Bien soignés"

Depuis les attentats de Bruxelles mardi dernier, les membres de la N-VA multiplient les petites phrases, parfois plus que douteuses. En témoigne notamment l'une des premières déclarations de son président au lendemain des attentats : il se disait alors furieux que "des gens qui sont nés ici, soient capables de tels actes, des gens qui ont été bien soignés pendant toute leur vie, mieux que partout ailleurs au monde", et furieux, car "ils ont souvent le soutien de leur propre communauté".

Il ajoutait ensuite : "Cela me met hors de moi. C'est toujours mieux de se taire dans ces cas-là, parce que, quand on est hors de soi, on ne dit pas toujours des choses raisonnables et des choses que l'on regrette par la suite".

Pétain et les "singes à barbe"

Le message du député flamand et échevin d'Alost, Karim Van Overmeire avait lui aussi suscité de nombreuses réactions. Publiant une affiche de propagande du maréchal Pétain flanquée du slogan "On les aura", l'ex-Vlaams Belang écrivait jeudi : "Affiche de 1916 avec un message actuel. Plutôt que des mamours pour la paix dans le monde, cela me semble une meilleure réaction à cette bande de singes à barbes".

Et la réaction du parti ? Aucun problème. Aucun problème à évoquer des "singes à barbe" ou à publier des photos explicites. Chacun s'exprime en fonction de sa personnalité, avait réagi le porte-parole de Bart De Wever. En revanche, celui-ci avait jugé "gratuite" l'évocation du passé de Karim Van Overmeiren dans les rangs du parti d'extrême droite Vlaams Belang. Cela n'a "aucun rapport", avait-il souligné. Silence radio par contre du côté de la majorité fédérale.

Pas de condamnation des hooligans

Et lorsque, venus de Vilvorde, 450 hooligans proches de l'extrême droite viennent troubler le rassemblement pacifique place de la Bourse à Bruxelles, la N-VA ne bronche pas non plus. CD&V, Open Vld, Groen et sp.a "condamnent collectivement les événements". La déclaration des partis flamands est commune. Mais se fait sans la N-VA.

Bart De Wever s'en explique : "Plus on accorde de l'attention aux hooligans, plus grands ils se croient". Et, après tout, ajoute-t-il, il n'y a pas eu de déclaration commune après les attentats.

Populisme ?

Les déclarations s'enchaînent, et la communication des nationalistes posent question. À tel point qu'Arte avait placé le parti flamand sur sa carte du populisme en Europe parmi les plus "dangereux", au même niveau que le Jobbik hongrois, le FPO autrichien, le parti du peuple danois, et le parti d'extrême droite grec "Aube dorée".

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