Doel 1 et 2 prolongés: "Pour investir dans la transition énergétique"

Doel 1 et 2 prolongés: "Pour investir dans la transition énergétique"
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Doel 1 et 2 prolongés: "Pour investir dans la transition énergétique" - © THIERRY ROGE - BELGA

C'était ce lundi ou jamais. Le gouvernement fédéral et Electrabel se sont finalement entendus en toute fin de soirée pour prolonger les réacteurs nucléaires de Doel 1 et 2.

Dimanche midi, sur la plateau des "Décodeurs", le Premier ministre Charles Michel avait exprimé sa confiance dans l'obtention d'un accord entre son gouvernement et le groupe Engie (maison-mère d'Electrabel). C'est donc chose faite.

Le gouvernement et l'énergéticien se félicitent tous deux d'un accord visant à "assurer la sécurité d'approvisionnement énergétique de la Belgique".

Dès le début de la conférence de presse ce mardi, le Premier ministre Charles Michel a évoqué une "étape importante franchie dans un dossier délicat". Le défi pour le gouvernement fédéral, a-t-il ajouté, avait été de "pouvoir concilier deux objectifs : la sécurité d'approvisionnement et donc éviter les risques de délestages comme nous en avons connus ces derniers mois et dernières années; et d'autre part, d'investir dans la transition énergétique, l'accélération de la transition énergétique."

Doel 1 et Doel 2 "fiables à 91%"

L'accord conclu en fin de soirée dimanche avec Engie (anciennement GDF Suez) est selon Charles Michel "un accord équilibré qui permet de donner une stabilité juridique et une sécurité juridique, et également une stabilité sur le plan budgétaire importante pour le gouvernement".

Cet accord définit plus largement "la stratégie générale en matière énergétique, environnementale et en matière de compétitivité", assure le Premier. Car, dit-il, il en va de l'attractivité du pays en matière d'investissement : les risques de délestage rendaient la Belgique moins intéressante pour les investisseurs qu'un pays permettant d'assurer une sécurité d'approvisionnement "à court, moyen et long terme".

La prolongation de Doel 1 et Doel 2 sert notamment ce but, explique la ministre de l'Énergie Marie-Christine Marghem (MR). "Ces deux centrales sont fiables à 91% depuis leur mise en service", argumente-t-elle, et, le nucléaire représentant "la moitié de la production d'électricité sur notre sol", cela permettra de consolider une base de production pour "les hivers suivants, les trois, quatre ou cinq prochaines années, permettant de mettre en place la transition énergétique". Reculer pour mieux avancer ?

La ministre l'assure : il n'y a pas de contradiction entre la prolongation de deux centrales nucléaires mises respectivement en service en 1974 et 1975, et le respect par la Belgique de ses engagements climatiques en marge de la COP21. Car, dit-elle, le nucléaire émet "autant de CO2 que l'éolien", et "moins que le photovoltaïque".

Marie Christine Marghem a également rappelé que la diminution des capacités d'importation d'électricité en provenance des Pays-Bas (de 3500 à MW à 2200 MW en 2017) et des capacités de production en Belgique (notifications de fermetures - de centrales au gaz, notamment - pour 1738 MW) sont parmi les éléments qui justifient la prolongation de ces deux centrales.

Révision de la contribution nucléaire

Quant à la contribution nucléaire, autrement dit la taxe nucléaire annuelle, elle subit quelques modifications. Elle ne portera plus que sur quatre réacteurs (Tihange 2 et 3, Doel 3 et 4), et est fixée à 200 millions pour 2015, 130 millions d'euros pour 2016, avant d'être, dès 2017, revue selon une formule "variable" qui permet de calculer le montant exigé à hauteur de 34% du bénéfice, en faisant valoir un montant minimum garanti à hauteur de 150 millions d'euros, et ce jusqu'en 2020, détaille Marie-Christine Marghem. À charge ensuite de la CREG de recalculer le montant minimum garanti.

Elle était auparavant fixée forfaitairement à 550 millions d'euros. Une sensible baisse donc, tout en maintenant .

Un geste de la part de l'État fédéral au vu des investissements que consent dans le même temps le groupe Engie, à savoir 1,3 milliard d'euros pour prolonger Tihange 1, Doel 1 et Doel 2. À ce montant s'ajouteront 4,3 milliards d'euros lors des dix prochaines années pour garantir la sécurité d'approvisionnement, préparer le basculement dans la "transition énergétique" et potentiellement annoncer des emplois, de la formation et des investissements dans la recherche et le développement, a dévoilé Gérald Mestralet, PDG d'Engie.

Le patron du géant énergétique français s'est dit satisfait de cet accord marquant, dit-il, "une page nouvelle dans les relations entre le groupe et la Belgique".

La convention entre l'État belge et Engie fixe par ailleurs la redevance – autrement dit ce que paye l'exploitant pour l'utilisation des réacteurs – à 20 millions d'euros par an, un montant qui, assure la ministre, sera alloué au fonds de transition énergétique.

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