Rudi Vervoort: "Ce qui compte, c'est la sécurité et la mobilité"

On l'a vu embêté, on l'a vu fâché aussi par les nouveaux rebondissements de ce qu'on peut appeler "la saga des tunnels bruxellois" mais surtout par les multiples réactions qu'ils ont entraînées. À qui revient la responsabilité de l'état désastreux de certains tunnels? Comment régler le problème une bonne fois pour toutes? Qui paiera? À ces questions, les Bruxellois attendent des réponses de leur plus haut représentant.

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Rudi Vervoort a tout d'abord tenu à rectifier certains propos: il n'est pas correct de dire que la Région bruxelloise a totalement délaissé ses tunnels. "Dès l'entame de la nouvelle législature (budgets 2015 et 2016), nous avons doublé les crédits pour l'entretien des tunnels. Nous sommes passés de 15 à 30 millions d'euros." Quant au coût total, il "dépendra du mode d'investissement choisi, car la facture gonfle en fonction. Le montant de base est estimé à 500 millions d'euros." Et que les navetteurs et les Bruxellois ne se tracassent pas (trop): "les tunnels seront remis en état, en fonction d'un calendrier et des besoins. On attend maintenant un plan d'action. Dans un temps suivant, nous examinerons les aspects budgétaires mais c'est relativement annexe, ce qui compte c'est la sécurité et la mobilité." Le ministre-président promet également toute la transparence par rapport au passé, en remontant jusqu'en 1989.

Tensions confirmées

Rudi Vervoort a par ailleurs confirmé les vives tensions qui existent entre fédéral et entités fédérées. "Cela fait déjà un petit temps que cela ne va plus très bien, c'est une question de personnes", déclare-t-il. De qui précisément? L'homme se fait plus vague, en désignant l'ensemble du gouvernement fédéral. Et de pointer l'exemple qui, à ses yeux, est le plus significatif: Audi. "Apprendre le matin qu'une conférence de presse est prévue sans y être associé -alors que chacun a collaboré avec un objectif commun-, je trouve que c'est dommage. On peut travailler ensemble dans l'intérêt du pays." Il est également revenu sur les tensions autour du dossier des tunnels, bien conscient que cela donne une image désastreuse. Il explique avoir lu "à travers un communiqué de presse le contraire de ce qui s'est passé à la réunion" (du Comité de concertation, ndlr).

Avertissement de 2013

Un rapport daté de 2013 est par ailleurs parvenu à la rédaction de la RTBF. Il prouve qu'en 2013 déjà, des défaillances sévères étaient attendues. Il prévoyait la catastrophe actuelle. Un rapport dont Rudi Vervoort dit ne pas avoir eu connaissance. "Ce dossier n'est jamais monté au gouvernement", a-t-il expliqué sans plus de précisions.

Radicalisme, neutralité...

Rudi Vervoort s'est également déclaré en faveur de la neutralité de l’État, plus que de la laïcité. "La neutralité, c'est réaffirmer des valeurs, ce modèle a ma préférence", tout en reconnaissant que cela ne réglerait pas le problème du radicalisme. Pour cela, "il y a d'autres choses à faire". Il a par ailleurs à nouveau apporté son soutien à Ismael Saïdi, en qui il dit garder une confiance totale. "Il ne s'attendait pas à toutes ces attaques. Quand on fait de la politique, on s'attend davantage à ce genre de polémiques."

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