Olivier Maingain : "Wallons et Bruxellois doivent absolument se parler au sujet de la mobilité"

Le président de DéFI (ex-FDF) était l'invité de Jeudi en Prime. Comme à son habitude, il a décoché quelques flèches. D'abord, contre Jacqueline Galant, Ministre fédérale MR de la Mobilité sur le dossier du RER. "Mme Galant mais aussi tout le gouvernement se mettent dans un piège en renonçant à l’extension du RER en Wallonie. Ils donnent l’occasion à la N-VA de marchander et d’exiger une contrepartie pour que l’extension se fasse réellement alors qu’en réalité, l’extension pour la Wallonie, c’était le projet initial", regrette Olivier Maingain.

Sur la SNCB et le RER

Selon lui, il y a une volonté politique du gouvernement actuel de renoncer au projet initial d'extension du RER en Wallonie. Mardi, Jacqueline Galant n'aurait été que le porte-parole d'une décision gouvernementale. Mais estime-t-il que la Ministre, affaiblie sur plusieurs dossiers ces derniers mois, devrait démissionner ? "Elle aurait dû le faire depuis longtemps (...) Ce n'est pas la Ministre qui assume le mieux les responsabilités qui sont les siennes."

Le président de DéFI, député fédéral, regrette les choix d'investissement à la SNCB de ces dernières années et notamment les gares pharaoniques de Liège et de Mons. "Selon moi, il y a d'autres problèmes plus importants qui se posent : le RER mais aussi l'aménagement d'une voie ferrée vers l'aéroport de Charleroi." Sur les questions de mobilité, Olivier Maingain estime que les gouvernements wallon et bruxellois doivent davantage se parler. "La Flandre réfléchit en permanence à sa mobilité (...) Parlons en aussi entre francophones pour avoir une vision précise sur certains projets", réclame-t-il.

Sur ses ambitions en Wallonie

Étonnant comme Olivier Maingain se soucie de plus en plus ouvertement de la Wallonie, comme dans le dossier du RER : serait-ce une question d'opportunisme politique, pour mieux y implanter DéFI ? "La Wallonie est en attente d'un parti avec un discours crédible, à l'image de ce que nous réalisons depuis longtemps à Bruxelles", estime-t-il. Il espère que DéFI décrochera son premier élu lors des prochaines élections dans les provinces de Liège et du Hainaut.

Sur la laïcité ou la neutralité

Récemment, le MR lançait une série de propositions législatives au sujet de la neutralité de l’État. Olivier Maingain va plus loin et prône l'inscription de la laïcité de l’État dans la Constitution. "Je suis un précurseur en la matière puisque je le demande depuis 2003", affirme-t-il. "Si on l'explique bien, la laïcité de l'Etat est une protection des religions et courants philosophiques et non pas une atteinte à ceux-ci. Mais en même temps, c'est l'exigence de respecter des valeurs communes et d'adhérer aux valeurs de citoyenneté, notamment l'égalité femmes-hommes", ajoute Olivier Maingain. Il demande aussi un cadre juridique pour interdire les cultes des États tiers qui financent le terrorisme international, citant en exemple l'Arabie Saoudite.

Sur Christian Van Eyke

L'homme politique, étiqueté DéFI, a été placé sous mandat d'arrêt pour assassinat, puis libéré parce qu'un juge n'avait pas signé son mandat d'arrêt. "On l’a suspendu au sein du parti (...) mais je pense aussi que pour mieux invoquer sa présomption d'innocence, il devrait démissionner de son mandat de député, c'est en tout cas ainsi que je conçois le respect dû aux électeurs."

Enfin, Olivier Maingain en a remis une couche sur le MR et sur Charles Michel. "Je respecte la fonction qu'il occupe mais je dis qu’il est en train de mettre à mal la confiance entre partis francophones, ce qui est regrettable. Et il est en train de donner les clés du confédéralisme à la N-VA, ce qui est impardonnable." A la question de savoir si les francophones devaient se préparer au confédéralisme, il a répondu : "Surtout pas! Le confédéralisme, c'est le pire des pièges."

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