Jeudi en Prime: Charles Michel à l'assaut de la deuxième mi-temps

Jeudi en Prime: Charles Michel à l'assaut de la deuxième mi-temps
Jeudi en Prime: Charles Michel à l'assaut de la deuxième mi-temps - © JOHANNA GERON - BELGA

Alors qu'elle est à mi-parcours, de nombreux observateurs politiques affirment que la "suédoise" commencerait à donner des signes de grosse fatigue. Au point que certains se demandent même où a bien pu passer Charles Michel, qualifié tour-à-tour de capitaine d'un vaisseau fantôme ou d'un bateau ivre, c'est selon.

Car depuis le dernier ajustement budgétaire: sur le front socio-économique, c’est pratiquement silence radio. Du coup, les employeurs tant du Nord et du Sud du pays s’inquiètent et tirent la sonnette d’alarme: pas question pour le gouvernement de s’endormir sur ses lauriers. Certes, il y a bien eu ce train (infernal?) de réformes diverses, adoptées au pas de charge ou en passe d’être adoptées à la Chambre, le fameux tax-shift censé ranimer la croissance et doper l’emploi, mais il faudrait quand même voir à terminer le boulot avant que l’imminence des échéances électorale ne vienne paralyser tout le système décisionnel.

Cris et chuchotements

Car la "suédoise" aurait bien encore quelques munitions dans son chargeur. Entre réforme de l’Isoc, taxe sur les plus-values ou encore mobilisation de l’épargne dans l’économie belge, les projets pullulent dans les tiroirs des coalisés. Le hic, c’est que les partenaires ne l’entendent pas tous de la même oreille.

Tiraillé entre un CD&V qui pointe à gauche et une N-VA qui penche plus à droite, Charles Michel a fort à faire pour mettre tout le monde autour de la table et dégager des consensus. Car les partis de la coalition ne lâchent rien dès lors qu’il s’agit de ramener un totem à la maison.

Mais, il n’y a pas que les questions socio-économiques qui empoisonnent la vie du gouvernement.  Ces derniers temps, la chronique du Fédéral a été rythmé par de nombreuses passes d’armes entre l’Open-VLD, le CD&V et la N-VA. Au Nord, leurs disputes incessantes leur a même valu le sobriquet de "het kibbelkabinet", le gouvernement des chamailleries. A plusieurs reprises, Charles Michel, a dû jouer le démineur, décrocher son téléphone pour "recadrer" l’un ou l’autre ministres. Qu’il s’agisse des tweets et autres sondages sur Facebook de Théo Francken (N-VA) sur les migrants ou encore les saillies de la petite nouvelle, Zuhal Demir (N-VA), traitant le CD&V de "parti des musulmans".

Paix des braves

Bref, Charles Michel est prié de mettre de l’ordre dans la maison suédoise et d’en finir avec l’immobilisme. Et les grandes manœuvres ont commencé. Mercredi matin, il a convoqué un "kern" (réunion des poids lourds du gouvernement) afin de calmer le jeu entre ses trois alliés flamands. Il a demandé solennellement à ses alliés de respecter la loyauté envers la "suédoise". Demande acceptée. D’ailleurs, les présidents Wouter Beke (CD&V) et Bart De Wever (N-VA) ont même signé un très médiatique pacte de non-agression. Tous les "Suédois" l’ont juré la main sur le cœur, ils veulent aller au bout de la législature.

Et pour aplanir encore un peu plus le terrain, Charles Miches s’est même enlevé une solide épine du pied en repoussant l’équilibre budgétaire à 2019, histoire de se ménager une deuxième partie de législature un peu plus tranquille. Ou moins disputée. Car les mines errantes ne manquent pas pour empêcher ce gouvernement d’aller au bout de la législature, comme le dossier pourris et toujours irrésolu du survol de Bruxelles, les surprises toujours susceptibles de réserver la commission d’enquête parlementaire sur le "Kazakhgate" et sa tête d'affiche, Armand De Decker (MR), etc.

Bref, le plus dur risque peut-être de venir pour Charles Michel alors que chaque jours qui passe réduit d’autant sa marge de manœuvre, échéances électorales oblige. Charles Michel qui scrutera aussi de très près l'élection présidentielle française avec son parti socialiste en perdition et l’émergence du phénomène Macron. D’ailleurs, ce soir, dans Jeudi en Prime, Charles Michel racontera peut-être les coulisses et le menu de ce très discret dîner organisé par le journaliste Stephane Bern pour lui et Emmanuel Macron.

Ce soir, après le JT, Charles Michel répondra aux questions de Johanne Montay et de François De Brigode.

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