Didier Reynders: "On aimerait que tous les Belges nous signalent leur destination avant de voyager"

A la veille du début des vacances d'été, le Ministre des Affaires étrangères était l'invité de Jeudi en Prime. Et il a commencé par un conseil. "Nous aimerions que tous les Belges signalent leur destination de voyage sur le site du Ministère des Affaires étrangères pour pouvoir entrer en contact avec eux ou leur donner des informations s'il y a un lieu à éviter", a-t-il indiqué. L'initiative a été lancée il y a deux ans lors de la Coupe du monde de football au Brésil et le ministre aimerait l'étendre, même pour les voyages au sein de l'Europe. "Je vous rassure, on ne garde pas les données, elles s'effacent quinze jours après le retour de vacances (...) Mais cela nous a par exemple permis de repérer un certain nombre de personnes après l'attentat d'Istanbul cette semaine."

Les avis de voyages : incidence diplomatique ?

Justement, après l'attentat qui a touché l'aéroport d'Istanbul, l'avis de voyage vers la Turquie n'a pas été particulièrement durci. Le ministre explique : "Nous demandons une vigilance accrue sur tout le territoire, nous déconseillons formellement un certain nombre de provinces mais nous n'avons pas, à ce jour, d'indication de risque sur les sites côtiers en Turquie". Mais alors n'y a-t-il pas deux poids deux mesures quand on sait que les Affaires étrangères déconseillent par contre aux Belges de se rendre en Tunisie ?

Selon Didier Reynders, la situation est différente car la Tunisie est un plus petit pays et les incidents graves s'y sont multipliés depuis l'attentat de Sousse il y a un an. Le chef de la diplomatie réfute l'idée selon laquelle il s'agirait d'une question diplomatique et qu'on chercherait à ne pas froisser la Turquie. "Nous devons donner un message correct à nos concitoyens quel que soit le pays et il n'y a aucun lien entre nos relations diplomatiques avec un pays et l'avis de voyage. C'est vraiment la situation sur place qui compte", affirme Didier Reynders.

Les F16 prêts à l'action en Irak et en Syrie

Dès demain, vendredi 1er juillet 2016, nos avions de combat seront prêts à bombarder les positions de Daesh. "Nous étions déjà présents en Irak, nous étendons désormais nos actions à la Syrie sur demande de la coalition internationale mais aussi du gouvernement irakien (...) nous devons agir contre les groupes terroristes là où ils se trouvent, en Irak et en Syrie quand c'est nécessaire", explique Didier Reynders.

Sur la question d'une présence au sol, le ministre est plus prudent. Selon lui, il vaut mieux appuyer les militaires locaux. "Envoyer des soldats occidentaux sur le terrain risque d'être contre-productif", indique-t-il. Il ajoute que la solution ne peut pas être que militaire, il faut aussi de l'aide humanitaire et un volet diplomatique. "On tente d'y travailler, de mettre ensemble l'opposition syrienne et le régime, de définir une transition. Mais à la fin de celle-ci, le président syrien Bachar el-Assad devra quitter son poste : on ne peut pas laisser l'impunité à quelqu'un qui a massacré son peuple."

Défense... et football

Au Parlement fédéral aujourd'hui, il a beaucoup été question du plan stratégique de défense présenté par le gouvernement. "Oui, nous allons moderniser la défense, il y aura moins de soldats, moins de casernes mais plus d'investissement dans les équipements. On a pris ces décisions, on va les mettre en œuvre. Sous cette législature, on prendra aussi l'engagement budgétaire de remplacer les F16", argumente Didier Reynders.

Dans un registre plus léger, le ministre des Affaires étrangères confirme qu'il suit avec attention la progression des Diables rouges à l'Euro de football. Il s'est rendu à tous les matchs.  "Et j'espère être présent à Lyon et puis à Paris, pour la finale (...) j'ai constaté que les supporters belges se comportent très bien et j'espère qu'il n'y aura aucun incident dans les prochains matchs."

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