Christine Defraigne: "La sage décision aurait été de se retirer tout de suite"

Christine Defraigne : «La sage décision aurait été de se retirer tout de suite.»
Christine Defraigne : «La sage décision aurait été de se retirer tout de suite.» - © Tous droits réservés

La présidente du Sénat est connue pour ne pas avoir sa langue en poche et cela tombe bien. Ce soir, elle était l’invitée de Jeudi en Prime pour réagir sur quelques sujets polémiques.

D’abord, le Kazakhgate avec la loi sur la transaction pénale. Et Christine Defraigne connait bien le dossier. En effet, à l’époque, c’est elle qui préside la commission de la Justice au Sénat. Elle reconnait le déroulement étrange de l’adoption de cette loi. "On m’a dit de ne pas trainer." Elle a d’ailleurs été entendue par les enquêteurs dans le cadre de l’information judiciaire. Et suite aux parutions de certaines parties de son audition dans les médias, elle réagit. "J’ai déposé plainte pour violation du secret de l’information judiciaire."

Défend-t-elle Armand De Decker, membre comme elle du MR et toujours bourgmestre d'Uccle ainsi que député bruxellois? Si elle était son avocate, elle lui conseillerait de dire la vérité et de collaborer. Elle confirme aussi que "personne n’avait entendu parler de Chodiev avant de le découvrir dans les médias." Et précise que "tout mensonge est préoccupant et que la commission aura fort à faire."

Alors justement, que pense-t-elle des remous autour de l’installation de la commission chargée d’examiner la manière dont a été élaborée la loi sur la transaction pénale? Et sur la présidence de cette même commission à laquelle Francis Delpérée a renoncé au profit du socialiste flamand Dirk Van der Maelen? Car Francis Delpérée a aussi été auditionné dans le cadre de l’information judiciaire. "La sage décision aurait été de se retirer tout de suite" car, selon elle, on ne peut pas être témoin et juge. Le dossier Kazakhgate continue de créer le malaise à tous les niveaux avant même que la commission d’enquête n’ait commencé ses travaux.

Visas refusés

Christine Defraigne s’est également fait entendre sur la polémique qui entoure le refus du N-VA Theo Francken d’attribuer des visas à une famille syrienne et, ce, malgré une décision de justice. Elle se dit choquée par l’attitude du secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration et estime qu’en agissant de la sorte, il bafoue la séparation des pouvoirs.

Alors que le gouvernement fédéral se montre soudé à ce sujet, comprend-elle l’attitude du Premier ministre Charles Michel? "Il ne faut pas minimiser ses qualités d’autorité, de persuasion et de stratège. La N-VA est un parti de coalition comme les autres. Et Charles Michel a un rôle au-dessus de la mêlée."

Toujours à propos de la N-VA, on apprenait cette semaine que Bart De Wever était présent lors d’une réunion de crise entre responsables de la police et le ministre de l’Intérieur Jan Jambon au lendemain des attentats du 22 mars. Qu’en pense la présidente du Sénat? "Sur le plan politique, c’est discutable. Mais il y a des circonstances atténuantes au lendemain des attentats." Celle qui désignait le MR comme étant "le maïzena" du gouvernement fédéral, le parti qui fait preuve de maturité, est-ce toujours d’actualité? Il semble que Christine Defraigne n’ait pas changé d’avis.

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