Zonings: une flopée de terrains disponibles en Wallonie, affirme Paul Magnette

Beaucoup de zonings sont saturés et cherchent à s'étendre
Beaucoup de zonings sont saturés et cherchent à s'étendre - © Bia Bouquet

Cette semaine, Paul Magnette était au MIPIM, le plus grand marché international des professionnels de l'immobilier. Le Ministre-président wallon y a assuré la publicité de la Région. Pour ce faire, il a avancé un chiffre qui laisse toutefois les spécialistes sceptiques.

La Wallonie, a déclaré Paul Magnette, dispose de 9400 ha de terrains industriels immédiatement disponibles auxquels s’ajoutent 16 000 ha de friches industrielles convertibles. Les chiffres ont surpris. D’autant que les intercommunales se plaignent régulièrement de ne pas disposer d’assez de terrains pour accueillir les investisseurs. Le Namurois n’est pas le cas le plus préoccupant mais tout de même… Renaud Degueldre dirige le Bureau Economique de la Province de Namur. Selon lui, "On peut encore répondre à une série de demandes dans certaines sous-régions mais pas partout parce que dans certaines zones, explique-t-il, il y a carence de terrains !".

Des hectares en partie virtuels

En fait, derrière les chiffres livrés par le ministre-président se cachent quelques réalités sur lesquelles il n’insiste pas. Par exemple : le nombre important de petites parcelles qui ne conviennent qu’aux PME, une disponibilité de terrains qui fait défaut dans certaines régions et puis des hectares délimités par le gouvernement mais qui ne seront jamais occupés. Car il y a encore, après que les ministres aient pris la décision de délimiter une zone, d'autres étapes. Renaud Degueldre évoque les procédures à franchir (à ce jour, elles prennent souvent entre 7 et 10 ans). Ensuite, avant de se lancer, il faut vérifier que la zone définie mérite d’être équipée. Enfin, il faut encore compenser : quand une nouvelle zone est définie, il faut en "désurbaniser" une autre en compensation. Et ces zones-là ne sont pas légions, constate le Directeur général du BEP.

Des friches pas très tentantes

Restent les friches industrielles : 16 000 ha selon le ministre-président. Cependant, encore une fois, c’est une surface brute. Jean-Marc Lambotte, chercheur à l’Université de Liège, sait que, seule, une petite partie peut directement répondre aux besoins des entreprises. "Pour la plupart des sites, il faut démolir, voire assainir les sols s’ils sont pollués (…) et, précise-t-il, ces sites-là seront plus chers que d’autres". Donc on a tendance à les rentabiliser avec du logement qui peut payer un prix plus élevé pour le terrain ou alors on ne lotit que des petites parcelles qui ne conviennent pas à tous les types d’entreprises.

On retiendra donc qu’il faut prendre les propos du ministre pour ce qu’ils sont : une publicité qui n’est pas mensongère mais… qui ne dit pas tout.


Carl Defoy

 

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