Zéro alcool pour les motards, une proposition radicale qui divise

Et si, à l’instar des chauffeurs de taxi et d’autocar, les motards avaient l’interdiction de boire de l’alcool avant d’enfourcher leurs deux-roues ? La proposition qui ne manque pas de faire réagir émane de l’institut Vias.

En 2017, un motard sur quinze testés après un accident de la route, soit 6,6%, avait dépassé la limite d’alcool autorisée. Un pourcentage en légère hausse, puisque le taux était de 6,3% l’année précédente. « Un motard sur quinze ça peut paraître peu, mais il faut comparer ça au nombre des contrôles » plaide Karin Genoe, la CEO de l’Institut Belge pour la Sécurité Routière. Seuls 65% des motards victimes d’un accident de la route ont été testés, ce chiffre serait donc en deçà de la réalité. « On est certains que s’il y avait plus de contrôles, le nombre de motards contrôlés positifs augmenterait en conséquence. » De quoi justifier l’application d’une tolérance zéro selon l’institut Vias.

« On s’en prend aux motards et pas aux autres usagers »

Une mesure drastique qui divise les premiers concernés. Rencontrées en région liégeoise, en plein stage de perfectionnement, des motardes se montrent a priori favorables. « C’est très bien car sur une moto on doit être 100% vigilants » réagit une première, avant qu’une seconde ne surenchérisse : « j’espère que ça sera aussi appliqué aux vélos, aux voitures et aux camions. A tous. »

Un point de vue loin d’être partagé par Jean-Marie Jorssen, le président de Fedemot, la Fédération des motocyclistes. « Consommer de l’alcool à moto ce n’est pas sérieux, mais encore une fois on s’en prend aux motards et pas aux autres usagers. » Lui y voit une nouvelle façon de stigmatiser les conducteurs de deux-roues : « On veut quoi, que tout le monde se déplace en trottinette ? » En 2017, plus de 21.000 motos et scooters ont été immatriculés en Belgique.

 

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