Zakia Khattabi dénonce le "double discours" et le "cynisme absolu" du MR sur l'Arabie Saoudite

L’invitée de Matin Première était ce mardi Zakia Khattabi, coprésidente d’Ecolo, dont le Parlement fédéral va examiner ce matin en commission la proposition " visant à reconsidérer la politique étrangère à l’égard du Royaume d’Arabie saoudite ".

Celle-ci prévoit notamment "de suspendre toute relation commerciale avec le Royaume d’Arabie saoudite et tout investissement dans ce pays en attendant une analyse approfondie des flux financiers en provenance ou à destination de celui-ci", et Thomas Gadissieux a donc demandé quel message lançait Zakia Khattabi aux travailleurs de la FN Herstal pour qui c'est un marché très important:

"Je leur dis que ce n'est pas eux que ça vise, il faut arrêter de systématiquement mettre en balance l'emploi à la FN Herstal et notre politique vis-à-vis de l'Arabie Saoudite". La coprésidente d'Ecolo préconise de prospecter d'autres marchés moins problématiques: "On sait qu'on a trouvé des armes de la FN Herstal dans les mains de certains représentants de Daesh. Par contre je suis curieuse quel pourcentage d'armes dans nos forces de police oun notre armée est effectivement fabriquée par la FN".

La trouvant "embarrassée", Thomas Gadissieux l'a poussée sur la position étrange de la Belgique: "C'est vrai que la Belgique a une position étrange, mais moi je suis très, très  à l'aise. Ce qui m'embarrasse, ce sont nos adversaires politiques qui mettent en opposition l'intérêt des travailleurs et une politique étrangère qui ne soit pas cynique vis-à-vis de l'Arabie afin d'obtenir certains investissements. On l'a vu avec le vote positif de la présidence de l'Arabie saoudite à la commission du droit des femmes de l'ONU. Au même moment où la Belgique soutenait cette candidature, en commission lutte contre le terrorisme, le MR affichait tout sa méfiance par rapport à l'Arabie Saoudite. Donc il y a un double discours quand M. Reynders vient s'offusquer et s'indigner avec nous de ce qui se passe en Arabie Saoudite, mais qu'on apprend par un mail qui a fuité que surtout il a demandé à ses diplomates de bien faire savoir à l'Arabie que la Belgique les avait soutenus, c'est d'un cynisme absolu".

Métiers pénibles: faire entendre la voix des enseignants

Zakia Kkattabi a également confirmé qu'ECOLO utiliserait tous les leviers possibles, dont le conflit d'intérêts si ça s'avère nécessaire, pour que les enseignants soient repris dans la liste des métiers pénibles dans le cadre de la loi sur les pensions. "On mènera la bataille pour faire entendre la voix des enseignants. Moi j’ai du mal à entendre que le gouvernement fédéral a du mal à définir ce qu'est un métier pénible. Je les encourage à aller un jour en hôpital, à accompagner les enseignants pendant une semaine en classes vertes. J'ai entendu le patron de l'Union Wallonne des Entreprises dire que "36 heures, ce n'est pas pénible". C'est vrai que 36 heures, ce n'est pas pénible dans nos métiers, à vous et moi, mais allez sur les chantiers, et dans les hôpitaux, et vous verrez".

Par contre, pour les députés, "faire passer l'idée que c'est le même sacrifice pour eux que pour les travailleurs de passer aussi à la pension à 67 ans", alors que "la plupart rêveraient de rester en place jusque 85 ans s'ils le pouvaient", c'est "une vraie hypocrisie et un mensonge" pour la co-présidente.
 

Zakia Khattabi estime d'ailleurs qu'au niveau éthique, les signaux sont à l'orange.

La tornade éthique n'a jamais atteint Liège

La tornade éthique s'est-elle arrêtée aux frontières de Liège? l'interroge Thomas Gadisseux. "Elle n'a jamais atteint Liège" rétorque l'Ecolo. "Quand le PS dit "on s'est débarrassé de Stéphane Moreau" alors on ne s'en préoccupe plus, ça ne va pas, alors que ce monsieur reste à la tête d'une institution qui doit se préoccuper du public. Les infos qui ne circulent pas, le manque de transparence, on n'a apporté aucune réponse à tout ça".

Un homme, une femme, un mandat

Quant à la gouvernance, Zakia Khatabbi a répété la volonté d'Ecolo de défendre à tous les niveaux de pouvoir le principe "Un homme, une femme, un mandat": "J'ai entendu Elio Di Rupo défendre ce point de vue, mais ce n'est pas ce qu'on entend actuellement dans les réunions qui discutent. Pour nous, ce qui est en jeu dans les discussions, c'est l’enrichissement personnel, les conflits d’interêt et le cumul des mandats".

 

 

La coprésidente ne compte pas pour autant empêcher Jean-Michel Javaux de cumuler: "On parle d'autre chose: être bourgmestre d'une petite commune ne donne pas le même salaire, et pour lui, il n'y a pas de conflit d'intérêt".

Revoir l'intégralité de l'interview de Matin Première ici:

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