Yves Leterme: "Le prince Laurent devra choisir"

Yves Leterme (à gauche) et le prince Laurent
Yves Leterme (à gauche) et le prince Laurent - © Archive Belga - Lieven Van Assche

Lors d'une session de questions parlementaires, le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme a mis le prince Laurent face à ses responsabilités. Ce dernier "devra choisir" : soit il respecte les contraintes inhérentes à son statut, soit il renonce à sa dotation.

Pas moins de six questions parlementaires posées ce 31 mars au Premier ministre portaient sur le voyage controversé du prince Laurent en RDC
Pour Eva Brems (Ecolo-Groen!), "le prince Laurent reçoit une dotation qui lui offre un niveau de vie tout à fait confortable, le moins qu'il puisse faire est de respecter les règles en vigueur". Toutes les interventions allaient à peu près dans ce sens, à part les interpellations plus virulentes du Vlaams Belang et de Jean-Marie De Decker (LDD). 

Yves Leterme: "Le prince ne m'a pas donné de précisions sur les personnes qu'il comptait rencontrer"
Le Premier ministre du gouvernement d'affaires courantes a d'abord rappelé les faits. 
A savoir qu'il a été informé le 13 mars (tout comme les services du ministre des Affaires étrangères Steven Vanackere) du voyage du prince Laurent au Congo entre le 15 et le 22 mars.
"J'ai moi-même appelé le prince le 14 mars et lui ai demandé de reporter ce voyage car rien n'avait été coordonné avec nos services", explique Yves Leterme. Des instructions similaires ont été données au prince par les Affaires étrangères. Pourtant précise l'orateur "chaque voyage, même un voyage privé, d'une personne publique comme le prince doit être préparé avec les services compétents".

Le prince Laurent n'en a pas tenu compte et "ne m'a pas donné de précisions sur les personnes qu'il comptait rencontrer là-bas", précise encore le Premier. Ce n'est qu'une fois de retour en Belgique que "le prince m'a dit avoir rencontré le président Kabila mais ne pas avoir abordé de sujet politique lors de ses discussions".

"Le statut de prince impose certaines contraintes"
Partant de ces constats et du non-respect par le prince à la fois de règles protocolaires et de mises en garde claires du gouvernement, Yves Leterme déclare depuis la tribune du Parlement que "le statut de prince royal impose certaines contraintes au prince tout comme cela lui confère quelques droits".

Dès lors, le natif d'Ypres précise qu'il va "rappeler ses obligations" à l'intéressé. "Le Prince doit être conscient du nécessaire équilibre qui existe entre ses droits et ses devoirs", résume Yves Leterme et dès lors "soit le Prince respecte cet équilibre, soit il renonce à ses droits [et donc à sa dotation, ndlr]".

Certains parlementaires auraient souhaité plus de fermeté à l'égard du fils cadet d'Albert II. Voire qu'on aille plus loin dans le débat sur les dotations royales.
Ainsi, Peter Luyckx (N-VA) souhaiterait limiter les dotations au Roi et au prince héritier, afin de couper court à tout problème similaire à l'avenir. 
Renaat Landuyt (sp.a), lui, dit comprendre le raisonnement du Premier ministre sur l'équilibre entre droits et devoirs qui a été rompu. Mais par contre, il ne faut, d'après lui, "pas laisser le choix à Laurent" car on sait qu'il "a du mal à faire des choix". Pour le socialiste flamand, c'est au gouvernement à choisir de supprimer la dotation et pas à Laurent d'avoir le loisir d'y renoncer.

Julien Vlassenbroek

La lettre d'Yves Leterme au prince Laurent

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK