Willy Demeyer: "Si le décumul complet est instauré, je choisirai Liège"

Après les démissions intervenues dans les différents conseils d'administrations de Publifin et Néthys, chaque parti wallon arrive avec avec son lot de propositions. Le CDH lance un appel au "renouveau". Ecolo demande une commission d'enquête parlementaire. Demain, lundi, le MR, tiendra un important "conseil" de parti, tout comme le PS qui devrait annoncer également demain une série de propositions. Ce dimanche l’émission "A votre avis" est revenu sur l’affaire Publifin avec le bourgmestre de Liège et patron des socialistes liégeois, Willy Demeyer.

Stéphne Moreau, patron de Nethys est au centre du débat. Doit-il choisir entre son poste de bourgmestre et sa haute fonction dans une intercommunale? Un choix que demande Laurette Onkelinx, mais que Jean-Claude Marcourt qualifie de proposition peu nuancée. Willy Demeyer se pose en arbitre: si une règle doit être prise, elle doit être générale et non concerner un seul homme. "La règle va changer et dira qu’un bourgmestre ou un échevin ne peut pas être directeur d’une intercommunale ou d’une filiale privée." Willy Demeyer assure ne pas connaître le salaire de Stéphane Moreau. " Il n’y a pas que lui dans cette situation. Quand on est manager dans un secteur économique important, il y a des manières de payer les cadres. Et les socialistes sont en faveur d’un écart raisonnable entre ce que gagne un salarié et un cadre. Et c’est ça qui choque dans ce cas-ci. … Il faut reconnaître le travail exceptionnel de Stéphane moreau, mais il faut aussi changer un certain nombre de choses". Et ce changement est induit par la demande de l’opinion de plus de transparence.

Face au sentiment que " tout le monde savait ", Willy Demeyer rappelle que les comités de secteur, aujourd’hui critiqués, sont nés de la suppression de 10 intercommunale qui ont été intégrées au Publifin. Et que cela a entraîné la suppression de 300 postes d’administrateurs.

Ils auraient dû…

"On aurait dû ne pas garder de salaire fixe et de n’accorder que des jetons de présence. Ils (les administrateurs) auraient dû se réunir plus souvent et certains n’y sont pas allés. Mais on a supprimé les comités de secteurs qui devaient de toute manière l’être, puisqu’ils étaient provisoires. "

Cumuler, aussi les mandats privés

Le bourgmestre de Liège soulève aussi la question des mandats publics et privés en soulevant une inégalité. " Les mandants publics entrent dans la limitation des revenus, fixée à 150% de la rémunération du député. Mais ce n’est pas le cas pour les mandats exercés à titre privé. On demande que cela entre également dans la règle des 150%.

Le PS est-il divisé par une ‘guerre des bassins ‘ liégeois et carolo?  68% des téléspectateurs le pensent, mais pas Willy Demeyer: "Nous avons adopté les mêmes mesures que ce qui était proposé par le président Di Rupo et il n’y avait pas entre le discours du président et nous l’épaisseur d’une feuille de cigarette"

Une intercommunale a-t-elle vocation à créer des filiales privées?

" Nous voulons éviter des situations comme Caterpillar, avec un patron américain qui vient pour fermer les portes et s’en retourner aux Etats-Unis... Supprimer Intermosane a permis de baisser le prix de l’électricité, mais il faut maîtriser le contenu pour éviter que Netflix, par exemple arrive avec son programme et empêche toute production locale ".

Furlan a-t-il commis une faute ?

Willy Demeyer ne le pense pas. Le ministre ne doit donc pas démissionner: " Furlan travaille pour l’instant à une belle réforme du logement en Wallonie. " Mais il reconnaît que " des leçons sont à tirer pour l’avenir. ". Même sentiment à l’égard de Claude Parmentier, chef de cabinet adjoint démissionnaire de Paul Furlan : " C’est un homme remarquable, spécialiste des finances locales. Je me demande comment on va le remplacer pour la gestion des villes et communes".

A la lumière de Publifin, que faut-il changer ?

Pour Willy Demeyer, il faut d’abord appliquer ce qui a déjà été décidé. "Nous voulons des commissaires dans les intercommunales et la mise en place d’une commission déontologie."

Mais Willy Demeyer reconnaît être dans une " tradition liégeoise " d’initiative industrielle publique. " Je travaille pour le développement du port autonome, comme d’autres le font pour l’aéroport. La fédération liégeoise du PS demande des règles. Et l’on n’arrivera pas à des montants comme ce que l’on trouve aujourd’hui"

S’il fallait choisir, ce serait bourgmestre de Liège

Et lorsque Jean-Claude Marcourt annonce que si l’on décumule les mandats de ministres et de députés, il faut en faire de même pour ceux de députés et de bourgmestre ou échevin, Willy Demeyer répond sans hésiter: "Il faut parler de tout ce qui pose problème comme la proposition de Pierre-Yves Jeholet et d’autres qui réclament un seul mandat " Une simplification réclamée par 88% des téléspectateurs de l’émission  ‘A votre avis ". Si ce devrait être le cas, le choix de Willy Demeyer sera celui de Liège : "Mon choix a toujours été clair. Ma priorité c’est Liège. S’il le faut j’abandonnerai mon mandat de député car j’ai de grands projets pour une ville numérique et pour une ville plus résiliente ".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK