Willy Demeyer (PS): "Ecolo n'a pas le monopole de l'écologie"

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Un mois après les élections, les pactes de majorité ont été déposés, causant un vrai chambardement au Parlement wallon. À Liège, le PS renverse une majorité "historique" de plus de trente ans avec le cdH, s'alliant cette fois-ci avec le MR. Est-ce le premier signe d'un axe PS-MR en vue des prochaines élections ? Willy Demeyer, l'actuel bourgmestre conservera sans surprise le mayorat, il était l'invité de Matin Première. 

Libéraux et socialistes sont rarement d'accord en terme de politique. Pourtant, des majorités PS-MR ont fleuri dans plusieurs communes wallonnes. Pour Liège, Willy Demeyer parle d'un "accord local" : "Cela n'accorde pas adhésion à ce que fait le MR au niveau national et régional", rassure-t-il avant d'affirmer qu'il ne faut pas "mélanger les niveaux de pouvoirs". 

Le bourgmestre liégeois évoque son ancien mandat de député fédéral qu'il a occupé de 2014 à 2017 avant de quitter ce mandat pour s'investir pleinement à la ville de Liège. "Tous les jeudis, je voyais détruire la sécurité sociale que les anciens ont bâti, justifie-t-il. Je ne supportais pas cela."

Lorsqu'on parle d'un "axe PS-MR" en vue des élections de 2019, l'élu socialiste bondit : "Non. Je suis tout à fait ferme". Il évoque ensuite les nombreuses consultations qui ont eu lieu avec les différents partis liégeois. Au fil de celles-ci, les libéraux apparaissent comme "la meilleure solution pour la ville", selon le chef de file du PS liégeois.

La "sensibilité sociale" du MR liégeois

Le bourgmestre liégeois affirme avoir essayé de trouver un accord avec le MR en 2000, 2006 et 2012, alors que c'était l'actuel ministre fédéral des Affaire étrangères qui dirigeait le parti, sans succès. Il faut donc attendre 2018 pour que les deux partis soit alignés : "Nous avons un MR pour Liège qui a une composante sociale importante", confirme Willy Demeyer. 

"Ils nous ont donné des assurances pour les politiques sociales,  les politiques de logement et la défense du service public à Liège. Cela convergeait avec le programme du parti socialiste", affirme-t-il.

Les libéraux liégeois se distancient-ils de leur parti ? "Ils ont une sensibilité sociale à l'intérieur du MR et comme c'est local, ça nous convient."

Ainsi, PS et MR obtiennent une majorité de 27 sièges,  un chiffre qui était l'objectif des socialistes, affirme le bourgmestre. Que va-t-il se passer maintenant ? "Nous allons tout d'abord appliquer les grands dossiers qui ont déjà été décidés. Le tram par exemple, ça va beaucoup nous occuper mais ça va changer la ville."

Les négociations avec le PTB: un "plaisir"

Durant ces négociations, le parti socialiste de la ville de Liège s'est longuement entretenu avec le PTB, dont le chef de file est le très médiatique Raoul Hedebouw. Ces discussions n'ont mené qu'à une rupture entre les deux partis de gauches, provoquant colère et déception dans le chef du parti des travailleurs belges. Cette déconvenue du parti d'extrême gauche est apparue au même moment dans plusieurs autres communes belges, le PTB accusant le PS de vouloir les décrédibiliser.

Selon Willy Demeyer, il n'y avait aucun objectif unilatéral au PS. "J'ai eu beaucoup de plaisir à parler avec eux", se souvient-il. Les discussions ont duré "des heures et des heures", avec de réelles "discussions de fond dans une ambiance décontractée", explique le bourgmestre. "On a pu voir un certain nombre de convergences en terme de programme", raconte-t-il.

Concernant les ruptures de négociation en cascade, l'ancien député fédéral justifie : "Tout le monde a commencé les négociations par le PTB car souvent le PTB gagnait, il faut le reconnaître. Mais on sait qu'on devait déposer pour le 12 les pactes de majorité. il y a un moment où on doit avancer dans les négociations. Ce qu'on a constaté c'est que le PTB, dans l'état actuel, ne peut pas facilement accéder à des majorités car ils y a d'une part, toutes les demandes qui sont faites et d'autre part, les réalités de la gestion".

Il évoque ensuite une situation particulière dans la Cité Ardente : "On sait qu'on va devoir faire attention pour affronter la charge des pensions et je ne voyais pas comment ils allaient pouvoir résister à cela". Qu'à cela ne tienne, c'est le MR qui ramasse finalement les morceaux de ces négociations avortées.

Réponse à Jean-Marc Nollet

Concernant Ecolo, le dirigeant du PS liégeois regrette les propos de Jean-Marc Nollet qui a affirmé lundi qu'à Liège  "tout est cadenassé autour du soldat Publifin qu'il fallait sauver". Le nouveau coprésident du parti contredit d'ailleurs la notion d'"éco-socialistes" en parlant d'"escrocs socialistes". "C'est très décevant de la part d'un coprésident désigné de tomber dans une forme d'humour facile", répond Willy Demeyer. 

Ce que pointent les verts c'est la bonne gouvernance dans la région liégeoise. "Je dirais à M. Nollet qu'il s'occupe de ses affaires. Nous avons pris beaucoup de mesures pour modifier ce qui devait l'être", invective le socialiste, avant d'ajouter : "Il est à peine arrivé qu'il attaque Liège, ce n'est pas comme ça qu'on rentre dans une majorité par exemple".

"Ce qui le dérange c'est de voir que les socialistes sont capables de mener cette politique à la fois d'écologie et de social", affirme-t-il avant de lancer que "Ecolo n'a pas le monopole de l'écologie".

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