Willy Demeyer, bourgmestre de Liège: "Nous n'aimons pas perdre les centres de décision"

Willy Demeyer, bourgmestre de Liège: "Nous n’aimons pas perdre les centres de décision"
Willy Demeyer, bourgmestre de Liège: "Nous n’aimons pas perdre les centres de décision" - © Tous droits réservés

Bourgmestre de Liège, Willy Demeyer est ce samedi 12 mai l’invité du Grand oral RTBF/Le Soir sur La Première. La ville de Liège vit à l’heure du festival Métamorphoses du 9 au 13 mai. Mais que pense-t-il de la métamorphose de l’intercommunale Publifin et du vote intervenu mercredi concernant la sortie du GRD liégeois RESA de Nethys ?

Le bourgmestre est on le sait un défenseur du concept de "métropole". "Ce qui me peine, c’est le fossé qui se creuse en Wallonie entre la ruralité et le concept de ville et de métropole. Liège a toutes les caractéristiques des métropoles, comme Charleroi. Et la dynamique liégeoise est liée à ce phénomène métropolitain. La non compréhension de ce concept est un frein au développement de la Wallonie et de notre ville", explique-t-il.

Le label " PS "

Pour le bourgmestre de Liège, ancien président de la fédération liégeoise du PS, la dynamique touche aussi le PS local. Il dit : " La campagne commence et nous voyons pas mal d’adhésions. Je ressens le moment où les gens commencent à réfléchir et constatent tout compte fin le bilan du PS à Liège, sa manière sérieuse de travailler, son intérêt pour la chose publique. Mes sensations sont plutôt positives ".

Le conflit chez Carrefour

Interrogé sur le conflit social au sein du groupe français Carrefour, et plus particulièrement sur le nombre important d’enseignes commerciales, Willy Demeyer précise : " En tous cas, nous avons signifié depuis un bon moment qu’on n’en accepterait plus ".

Kanal Brut

A Bruxelles, l’expo Kanal Brut-Centre Pompidou a ouvert ses portes dans l’ancien garage Citroën, le 5 mai dernier. Qu’en pense le bourgmestre de Liège, Liège où le Musée de La Boverie est partenaire du Louvre ? " Je ne suis jamais jaloux des autres ", répond Willy Demeyer. " Si les autres se développent je suis content. Le Liégeois n’est pas jaloux, il va chercher à faire accord. Comme on peut être minorisé dans une instance, et quand même avoir raison sur le fond ", glisse-t-il, référence implicite au vote intervenu mercredi au parlement de Wallonie à propos du décret qui sort RESA (le GRD liégeois, gestionnaire de réseau de distribution d’énergies) de Nethys.

Le dossier RESA

Le bourgmestre de Liège se dit très attentif à la dimension économique du dossier RESA. " La particularité, c’est qu’à Liège on a toujours, produit, vendu et distribué l’électricité de manière publique. Alors que le reste de la Wallonie a choisi de concéder ce secteur au privé. Ce sont des choix, pas une attaque, mais c’est ce qui fait que nous ne sommes pas compris dans cette logique d’initiative industrielle ", explique Willy Demeyer. Il ajoute : " Pour moi, le projet de sortir RESA de Nethys est un projet libéral, de droite ".

Un recours sera-t-il introduit contre le décret ? " Ça doit s’étudier car nous avons le sentiment que ce décret nous fait perdre de l’argent. En outre, nous n’aimons pas à Liège perdre les centres de décision. Nous aimons bien décider pour ce qui nous concerne et nous aimons bien avoir le pouvoir de décider car, si nous le perdons, nous perdrons l’emploi ", ajoute-t-il.

La gouvernance

Et le plafond des rémunérations ? Il répond : " Moi, à titre personnel, j’ai toujours été pour le plafonnement. Pour que la population perçoive les choses comme correctes, il faut un rapport raisonnable entre le salaire d’un travailleur de base et le salaire du cadre. Mais à côté de ma position, il y a ceux qui disent que pour attirer des gens de valeur dans une activité concurrentielle, il faut les payer à ce prix-là ! A ce titre, je crois que Stéphane Moreau n’aura pas le choix. On verra s’il restera, je suis incapable de vous le dire ".

La salle de shoot

Pour lutter contre la toxicomanie et le sentiment d’insécurité qu’elle suscite dans l’espace urbain, la ville de Liège souhaite ouvrir une salle de consumation de drogues " à moindres risques ", ce que ne permet pas actuellement une loi de 1921. Pour la majorité fédérale, pas question de changer la loi, " ce n’est pas dans l’accord de majorité " a dit Maggie De Block, la ministre de la santé Open VLD.

Willy Demeyer se dit prêt à passer outre ce blocage : " Nous pourrions passer au-dessus de la loi pénale. Je pense que nous allons le faire, le plus vite possible. Nous cherchons à bien réunir les budgets. Le lieu est défini, à côté du commissariat central de La Wallonie. Nous devons lancer les procédures de recrutement et d’acquisition du matériel et nous ouvrirons la salle ".

L’interview de Willy Demeyer a été réalisée par Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef au journal Le Soir, Sacha Daout, journaliste à la RTBF, et Jacques Crémers, chef de la rédaction de La Première/RTBF.

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