Willy Borsus: "Une erreur de cultiver ce qui pourrait nous diviser"

Willy Borsus dans le studio de Matin Première
Willy Borsus dans le studio de Matin Première - © RTBF

Willy Borsus était l'invité de Matin Première ce mardi. L’occasion pour le vice-président du MR et chef de groupe au Parlement wallon de revenir sur la polémique touchant le rôle de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le moment n'est pas au débat sur les institutions, juge l'invité de Bertrand Henne.

Jean-Claude Marcourt a questionné l'utilité de la Fédération Wallonie-Bruxelles, des divisions sont apparues au sein du PS. Pour Willy Borsus, il ne faut pas se tromper de priorité: il estime que les citoyens ont relativement peu d'intérêt pour la structure institutionnelle Wallonie-Bruxelles. "Le quotidien des gens, c'est leur situation économique, les perspectives d'emploi, le coût de l'énergie, etc." avance-t-il.

Cependant, le libéral admet réfléchir sur l'avenir, mais hors de question de penser à un "repli wallon". Pas question non plus d'oublier les liens entre Wallonie et Bruxelles, voire d'abandonner Bruxelles. "On le sait très bien, on doit réfléchir en termes de développement, pour la Wallonie et pour Bruxelles. Ce développement passe nécessairement par un lien fort", martèle le vice-président du MR. "Pourquoi irions-nous nous couper de Bruxelles ?", demande-t-il.

Il ne faut d'emblée pas couper court à tout débat autour de la Fédération Wallonie-Bruxelles et d'éventuels déplacements de compétences. Mais "il faut s'inscrire dans le long terme", tempère l'invité de Bertrand Henne. Et sans œillères régionalistes: "Un certain nombre de compétences doivent être transférées vers les entités fédérées (...) mais je pense que cette réflexion doit se faire posément avec un guide: l'efficacité dans l'exercice des compétences ainsi qu'une vision stratégique".

Pas de démission de Jean-Claude Marcourt

Après avoir tenu un discours mettant en cause l'utilité de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt a-t-il encore sa place ? "Je ne vais pas faire de procès personnel, mais notre demande c'est que le gouvernement puisse se ressaisir".

Ces débats "détournent l'énergie qui devrait être dédicacée au travail quotidien, à la réforme, aux enjeux et notamment à la situation budgétaire critique", regrette l'invité de Matin Première.

Stupéfait des déclarations de Philippe Moureaux

Philippe Moureaux a sous-entendu que si Bruxelles ne trouve plus en la Wallonie un partenaire privilégié, elle pourrait se tourner vers "d'autres" ... comprenez la Flandre. "J'ai lu cette déclaration avec stupéfaction", réagit Willy Borsus. "C'est sidérant dans la mesure où Bruxelles est très largement francophone", "nous avons tant de choses ensemble que ce serait, à mes yeux, une erreur profonde de cultiver ce qui pourrait nous diviser".

L'endettement wallon "très important"

Rudy Demotte évoquait lundi un ajustement budgétaire du gouvernement wallon sans préciser de chiffre précis. Willy Borsus se dit "vraiment inquiet": "Le budget a été établi sur des bases que l'on savait totalement dépassées".

De plus, "l'endettement wallon est très important", juge l'invité de Bertrand Henne en mentionnant des chiffres dépassant les 12 milliards d'euros. Mais encore, "c'est de plusieurs centaines de millions dont il s'agit à retrouver pour dans quelques semaines dans un budget wallon d'une importance nettement moindre que dans le budget fédéral". 

Rationalisation, transparence, chasse au gaspillage

Par conséquent, "le moment est venu de radicalement modifier ses attitudes: il y a une constellation de structures au niveau wallon". Dès lors, Willy Borsus "met au défi le ministre-président wallon pour la fin de l'année de venir avec un plan de rationalisation des structures", dans le logement et les TEC, notamment.

Il en appelle aussi à la transparence sur la rémunération des hauts dirigeants des structures wallonnes ainsi qu'à la fin de toute une série de "gaspillages": selon ce représentant de l'opposition, de nombreuses dépenses peuvent vraiment faire l'objet de réductions. "La Région Wallonne doit changer, mais aussi réduire son train de vie. Il ne faut pas à chaque fois se tourner vers les gens et leur faire payer l'addition". 

AdC
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