Le ministre Willy Borsus défend le bifteck et son secteur

Le ministre veut de cette manière combattre un discours constamment négatif à propos de la viande.
Le ministre veut de cette manière combattre un discours constamment négatif à propos de la viande. - © RTBF

Avec ses "9 bonnes raisons de manger aussi de la viande", le ministre fédéral de l’Agriculture, des Classes moyennes, des Indépendants, des PME et de l’Intégration sociale fait une sortie remarquée à l’occasion de la Journée sans viande du 20 mars.

Alors que de diverses sources il se confirme qu’il est souhaitable de diminuer notre consommation de viande, le ministre encourage à en manger. Selon l’argumentaire de son site, "l’homme a besoin de viande" et surtout "c’est bon pour la planète"… un plaidoyer pour le moins à contre-courant. D’autres arguments s’ajoutent, notamment des raisons économiques.

Le moins que l’on puisse dire est que l’affirmation selon laquelle la viande est "bonne pour la planète" est contestable. Selon l’ONU, l’élevage est responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre sur Terre et il faut plus de 15 000 l d’eau pour produire 1 kg de bœuf.

Le ministre s’explique sur cette sortie : elle a pour but de "soutenir l’agriculture locale" : "Est-ce qu’il est plus raisonnable de déplacer un produit qui va parcourir la moitié du monde pour rejoindre notre assiette ou consommer des produits qui ont été élevés dans notre région, dans notre pays", dit-il. "Par ailleurs, on le sait, poursuit-il, dans toute la filière, le bétail a un rôle important en termes d’aménagement du territoire, en termes de transformation de produit…"

Mais faut-il pour autant continuer à manger autant de viande ? Voici quelques mois, nous avions posé la question au rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, le Belge Olivier De Schutter. Sa réponse était très claire : "En Belgique nous consommons entre 75 et 80 kg de viande par personne et par an. C’est la moyenne des pays de l’OCDE et c’est un chiffre… qui n’est pas soutenable. On a calculé qu’à l’échelle mondiale, il faudrait, pour que la planète puisse satisfaire une consommation de viande pour tous, que l’on limite la quantité à 35 kg par personne et par an."

"Je ne veux vraiment pas m’inscrire dans une polémique définitive avec les uns et les autres répond Willy Borsus. Mon message est de dire qu’il faut être mesuré lorsqu’on communique, et ces charges permanentes contre la viande, comme si c’était le secteur de l’élevage qui finalement était le responsable principal de tous les maux planétaires, c’est un message qui ne va pas, que je souhaite combattre."

Il reste l’ultime point de l’argumentaire du ministre de l’agriculture pour encourager la consommation de viande : "Parce que c’est bon !". Chacun jugera du bien-fondé de ce dernier argument.

Un reportage de Joëlle Meert et Laurent Mathieu

 

 

 

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