Wesphael libéré: "Une première victoire, mais le combat continue"

"C'est bien entendu une première victoire pour Bernard Wesphael", a déclaré Jean-Philippe Mayence, l'un de ses avocats, en précisant que "le combat le plus important, le débat ultime" allait être noué "devant la juridiction de fond où on décidera si, oui ou non, il est innocent comme il le dit depuis le début et comme je le soutiens".

Jean-Philippe Mayence a toutefois ajouté qu'"au jour d'aujourd'hui", il se contentait "amplement" de cette décision de mise en liberté sous conditions. Il rappelle qu'il ne s'agit pas d'une détention sous surveillance électronique: "Il s'agit d'une réelle libération puisque les conditions qui lui sont imposées sont des conditions tout à fait classiques", dit-il.

Selon lui, cette décision pourrait être due au fait que l'instruction est terminée, qu'"il y a plus de six mois qu'il n'a plus été entendu", que "son état de santé n'est pas extraordinaire" ou encore que "les conditions de la détention ne se justifient plus".

Il ajoute que la décision a été prise par des magistrats différents devant la Chambre des mises en accusation de Gand: "Peut-être que leur regard neuf a eu une incidence différente", conclut-il.

Un "choc"

Interrogé par la RTBF, maître Philippe Moureau, avocat de la famille Pirotton se plaint d’avoir appris par les médias la libération de Bernard Wesphael. Il ignore officiellement à quelles conditions l’ancien député wallon a été libéré. Pour la famille de Véronique Pirotton, cette nouvelle constitue un "choc : ils ont été très blessés par la publication dans la presse d’une photo où l’on voit Bernard Wesphael et ses amis fêtant joyeusement sa libération dans un café en Flandre. Je crois que le chagrin de la famille de Véronique Pirotton aurait mérité un peu plus de discrétion".

"Monsieur Wesphael reste inculpé d’assassinat ; il sera vraisemblablement jugé devant une cour d’assises. Cette libération ne change qu’une seule chose : le retard qu’elle pourrait apporter à la cour d’assises parce que la justice est évidemment plus prompte à juger les personnes en détention que celles qui ne le sont plus" poursuit Philippe Moureau.

L'enquête est pratiquement terminée. Aujourd'hui les scientifiques divergent encore sur la cause du décès de la victime: le premier médecin légiste évoque une mort par étouffement, alors que le rapport de contre-experts pointe, sur base d'analyses sanguines, un mélange fatal d'alcool et de médicaments.

Les éléments de doute sont multiples dans cette affaire, et ce sont ces doutes qui feront pencher la balance vers l'acquittement ou la culpabilité si elle arrive devant une cour d'assises. Ce qui n'est pas encore acté: la Chambre des mises en accusation de Gand va devoir vérifier si les faits doivent être qualifiés d'assassinat et dire devant quelle juridiction le suspect devra être renvoyé.

Bernard Wesphael s'oppose à la saisie de 50 000 euros de ses indemnités

Bernard Wesphael a introduit devant le juge des saisies du tribunal de première instance de Liège une procédure de tierce opposition. L'ex-député wallon conteste la saisie conservatoire de 50 000 euros opérée sur ses indemnités de sortie (une partie des indemnités de sortie de l'ancien député wallon Bernard Wesphael avait été saisie à titre conservatoire à la suite d'une requête des avocats de la famille de la victime. La somme totale de ces indemnités de sortie s'élève à 150 000 euros, dont 50 000 euros ont été saisis).

En cas de condamnation de l'ex-député wallon, cet argent servirait à financer les études du fils de la victime, aujourd'hui âgé de 15 ans. "Cette procédure est réalisée au bénéfice de toutes les parties civiles mais principalement pour Victor, le fils de Véronique Pirotton qui devait encore bénéficier du soutien financier de sa maman pendant plusieurs années. Bernard Wesphael s'était plaint dans les médias de souffrir de difficultés financières. Devant un risque d'insolvabilité, notre procédure vise à préserver les droits de Victor", ont indiqué Me Philippe Moureau et Me Diego Smessaert.

Bernard Wesphael fait tierce opposition à cette saisie. L'affaire devait être plaidée ce mercredi mais, en raison de la libération de Bernard Wesphael mardi soir, son avocat dans ce dossier, Me Didier Pire, a sollicité un report afin de s'entretenir avec son client. L'affaire sera donc plaidée le 10 septembre à 9 heures.

RTBF, avec Belga

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