WALTOPO: un premier pas pour éviter un autre Ghislenghien

Ghislenghien où une conduite de gaz éventrée avait provoqué la mort d’une vingtaine de personnes et blessé des dizaines d’autres a rappelé cruellement le besoin de repérer les adductions de gaz, d’électricité et les différents réseaux avec précision.
Ce mercredi, les impétrants, c'est-à-dire ceux qui travaillent sur et sous les voiries, viennent de faire un pas dans cette direction en signant une convention avec la Région Wallonne. Ils vont contribuer à actualiser les cartes et les mettre à disposition de tous, y compris le grand public.

Une procédure enfin standardisée
Jusqu’ici chaque société travaillait avec sa méthode. Impossible par exemple de superposer une carte des conduites d’Ores et de Proximus. Mais tout cela change aujourd’hui. Huit des plus importants gestionnaires de réseaux se sont engagés à utiliser dorénavant les mêmes protocoles. Et ils partageront leurs relevés avec les services de la Région wallonne et les autres opérateurs en voirie. C’est un grand pas en avant, explique Jean-Claude Jasselette, du Service Public de Wallonie: Une fois qu’un géomètre est passé quelque part pour faire le relevé d’une nouvelle infrastructure, ce relevé est utilisable par tous.

C’est une facilité et, au final, une belle économie, renchérit Isabelle Jeurissen de la Société Wallonne de Distribution d’Eau: Le grand gagnant dans l’aventure, c’est le citoyen, dit-elle. On paie des impôts pour réaliser ces cartographies. A partir du moment où on peut faire des économies d’échelle en ayant un référant unique, c’est moins de coûts notamment en géomètres.

Pourquoi pas le sous-sol?
La carte de Wallonie ainsi dressée ne concerne encore que ce qui sur le sol. Mais c’est un point de repère commun à partir duquel les entreprises peuvent désormais positionner leurs propres relevés.
Mais pourquoi alors ne pas directement livrer les relevés en sous-sol puisqu’elles en disposent le plus souvent? Fernand Grifnée, l’Administrateur Délégué d’Ores, met en avant des questions essentiellement juridiques. Dans ce genre de choses, dit-il, il faut y aller pas à pas. Le risque, c’est que, si le mauvais repérage d'une canalisation causait un accident, il faudrait établir les responsabilités. Mais effectivement, affirme-t-il, c’est une évolution qui est maintenant possible.

Le premier pas fait aujourd’hui contribue déjà à une amélioration de la sécurité mais les questions de responsabilité – cruciales – restent donc un frein puissant pour dresser le plan du sous-sol. Au moins aujourd’hui, si cette étape supplémentaire était enfin franchie, le repérage et la localisation se feraient sur une procédure commune, donc lisible et exploitable par tous. C’est déjà ça.

 

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