Wallonie: la nouvelle tarification de l'électricité, pas avant 2017 ?

La tarification progressive, solidaire et familiale de l'électricité, arrachée par Jean-Marc Nollet après de longs et houleux débats au sein du Gouvernement wallon, c'est un des projets auxquels tenait le plus le bientôt ex-ministre régional de l’Énergie. Un principe simple, a priori favorable à 2/3 des Wallons, et qui repose sur deux axes: une part d’électricité gratuite pour tous (de 400 à 800 kWh en fonction de la composition du ménage et des revenus), et une augmentation du prix unitaire du kWh (au lieu de la dégressivité actuelle).

Un principe simple donc, mais une mise en œuvre beaucoup plus compliquée, car le tarif varie pour chaque famille. Pas évident par exemple de suivre les éventuelles fluctuations de revenus ou de composition du ménage, qui influenceront pourtant les nouveaux tarifs.

La CWAPE, le régulateur wallon du marché de l'énergie avait attiré l'attention du Gouvernement régional sur cette complexité. "La décision prise en janvier dernier par le Gouvernement wallon ne correspondait pas tout à fait à l’avis que nous avions rendu, indique le président de la CWAPE, Francis Ghigny. Ce n’est pas un problème, le Gouvernement peu s’en écarter. Mais alors, il faut qu’il analyse soigneusement les conséquences opérationnelles."

Facturation

Selon les acteurs du secteur en effet, la mise en œuvre de cette tarification progressive de l’électricité est impossible dans les délais impartis. "De nombreuses simplifications du mécanisme seraient en tout cas nécessaires pour une entrée en vigueur dans quelques mois, indique Marc Van den Bosch, le directeur général de la FEBEG, la Fédération qui représente les fournisseurs d’énergie. Il ne faut pas enterrer la mesure, mais au moins faire une analyse objective des coûts et des bénéfices qu’elle engendrerait. Mais ce qui est certain, c’est que nous devons être en mesure de réaliser une facturation correcte. Ce qui n'est pas encore le cas."

On l’aura compris : le secteur propose une révision ou, au minimum, un report du système. "Nous laissons bien sûr le libre choix aux responsables politiques, précise Francis Ghigny. Nous leur disons simplement que des difficultés et des plaintes se profilent. Et si un report est décidé, il faudrait idéalement que ce soit jusqu’en 2017. Dans 2 ans en effet, il y aura un nouveau système informatique de partage de données entre les fournisseurs d’électricité et les gestionnaires de réseau. A ce moment-là, il sera relativement aisé d’échanger des données qui aujourd’hui ne sont pas échangeables."

La balle est maintenant dans le camp des négociateurs PS et cdH du futur Gouvernement wallon.

Rudy Hermans

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