Wallonie : des moyens supplémentaires pour sortir les SDF de la rue

Wallonie: des moyens supplémentaires pour sortir les SDF de la rue
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Wallonie: des moyens supplémentaires pour sortir les SDF de la rue - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

Ça s’appelle "Housing First", qu’on peut traduire par "un logement d’abord". Le principe : sortir de la rue les sans-abri, en priorité les plus jeunes et les victimes d’assuétudes, en leur offrant un toit avant de mettre en œuvre les autres mécanismes de réinsertion sociale.

Le gouvernement régional a décidé de gonfler de 350.000 euros le budget qu’il y consacre, pour arriver à environ 900.000 euros par an. Avec ce financement complémentaire, la ministre de l’Action sociale, Christie Morreale (PS), entend renforcer les équipes d’encadrement des 7 relais sociaux des grandes villes wallonnes (Charleroi, La Louvière, Mons, Tournai, Liège, Verviers et Namur).

 

Le but est d’éviter l’ancrage dans la rue

Adrien Fievet du relais social, explique qu’il faut immédiatement briser le tourbillon qui mène de la précarité à la violence et aux dépendances diverses. "Ça part du principe qu’il est possible de reloger des personnes sans-abri sans passer par les étapes traditionnelles qui sont l’accueil dans différentes structures. Maintenant, rentrer dans un logement ça signifie modifier totalement son mode de vie. Il faut organiser un suivi extrêmement intensif autour de la personne. Dès lors, qu’on est à la rue, on se crée un réseau qui n’est pas toujours recommandable. On est sujet notamment à des propositions de consommation de produits et d’alcools. Cela va assez vite pour que la situation se dégrade. Chaque relais social va pouvoir engager des agents supplémentaires dont la fonction sera de prendre en charge directement les personnes qui viennent d’arriver dans la rue pour éviter leur ancrage", ajoute-t-il.

 

Des situations d’urgence

"Je suis arrivée dans la rue en 2015. Alcoolique et surendettée, je n’arrivais pas à remplir seule toutes les démarches pour trouver un logement. On ne pense qu’à attendre que le temps passe, à savoir où on va manger, prendre sa douche et dormir. Quand on se retrouve face à de telles difficultés, je ne crois pas qu’il soit possible de s’en sortir sans aide", témoigne Cindy Meirsschaut.

Après 3 ans de galère, elle a saisi la main tendue dans le cadre du projet Housing First. "L’idée, c’est vraiment de raccrocher les gens pour éviter une déstructuration plus importante et une accumulation de problématiques. C’est un accompagnement quotidien et pluridisciplinaire, pour les démarches administratives, financières, juridiques, sociales ou professionnelles", explique Maëlle Dewael, du Relais social de Charleroi.

Des résultats

Sortir de la rue, c’était la 1e étape. Ensuite, le reste s’est enchaîné positivement pour Cindy Meirsschaut. "J’ai arrêté l’alcool, et je suis entrée dans un processus de désendettement, se félicite-t-elle. Être sans-abri, c’est vivre dans un autre monde. Donc, quand on revient dans la réalité, les gens de notre ancienne vie recommencent à nous voir comme de vraies personnes. Moi j’ai renoué avec mon fils, avec ma maman, et j’ai retrouvé une vie sociale classique."

Aujourd’hui, Cindy Meirsschaut regarde avec fierté le chemin parcouru, et elle voudrait que d’autres puissent l’emprunter, car dit-elle, "je suis sortie de la rue, mais la rue n’est pas sortie de moi".

Elle compte donc suivre une formation en "pair-aidance", afin d’aider ceux qui n’ont pas encore de toit. "Je ne voyais pas le bout du tunnel, et Housing First à Charleroi était mon dernier espoir. J’étais capable de m’en sortir, mais je ne le savais pas. On m’a prouvé le contraire, se réjouit-elle. On n’est pas juste des drogués ou des alcooliques. On a chacun notre histoire, et on a droit à une 2e ou une 3e chance. Alors, pour les gens qui vivent en rue, c’est un espoir de savoir que tout cela existe."

Après quelques années d’expérience en Wallonie, le bilan est très encourageant : 90% environ des anciens sans-abri soutenus par Housing First ne sont pas retombés dans la rue.

Archives : Journal télévisé du 03/10/2019

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