W. Borsus (MR): "Il faut avoir des limites au 'tout au marché'"

W. Borsus (MR): "Il faut avoir des limites au 'tout au marché'"
W. Borsus (MR): "Il faut avoir des limites au 'tout au marché'" - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Une situation tendue depuis plusieurs mois: les agriculteurs belges, et français entre autres, tirent la sonnette d'alarme. Ce lundi, ils se rassemblent à Bruxelles, pour interpeller les ministres européens de l'Agriculture en réunion dans la capitale. Cette réunion peut-elle faire avancer le débat, afin de trouver une solution à la situation financière inquiétante de plusieurs d'entre eux? Le ministre belge de l'Agriculture, Willy Borsus (MR), affirme que la Belgique relayera les revendications des manifestants pour "faire bouger les lignes".

Ce modèle, pourrait-on l’étendre au niveau européen ?

Sur les ondes de Matin Première, Willy Borsus défend l'accord intervenu entre les différents acteurs du secteur en Belgique: "Mon message est très direct: nous devons nous battre pour faire évoluer les choses. Concrètement ici nous avons tous les acteurs qui se mettent d’accord pour rémunérer mieux le secteur. Ce modèle, ne pourrait-on pas l’étendre au niveau européen ?"

"Notre objectif est que les prix puissent correctement rémunérer le travail des producteurs. On a, depuis quelques temps, une volatilité bien plus importante des prix. On ne peut pas faire un projet dans une ferme dans ces conditions."

Aides en vue de soutenir la production locale

Concrètement, le ministre belge évoque quelques pistes: "Il faut des mesures d’urgence. Parmi celles-ci le retour du 'super prélèvement', par exemple. Lorsque les quotas étaient d’application, les pays qui dépassaient ces quotas étaient pénalisés. Cela représente 860 millions d’euros pour la dernière saison de production. Nous plaidons pour que cette somme revienne largement au bénéfice d'actions pour aider les agriculteurs." Willy Borsus estime qu'il faudrait également anticiper le paiement des aides directes, "dès que possible après le 16 octobre."

De façon plus pratique, il plaide pour des aides en vue de soutenir la production dans le marché intérieur: "Rassembler par exemple le lait dans les écoles, mieux faire connaître nos produits locaux..."

Willly Borsus n'hésite pas, enfin à souligner les limites d'un marché très libéralisé: "On est à la limite du modèle 'produire plus que ce que la consommation mondiale peut absorber'... On voit que cela ne marche plus. Nous plaidons pour des balises aux marchés: observer les marges, et créer des filets de sécurité. Et pourquoi pas des contingentements, des limitations."

Il faut anticiper


Le ministre fédéral de l'Agriculture plaide-t-il donc pour le retour aux quotas? "Il est nécessaire d'avoir des limites au 'tout au marché', répond-il. Le marché sans balises, ça n’a pas de sens."

"Il faut anticiper: créer par exemple un fonds de régulation, de redistribution, qui pourra permettre, lorsque les prix sont très élevés, de constituer des réserves qu’on pourrait redistribuer en cas d’effondrement des marchés."

Regardez l'interview réalisée par Bertrand Henne, dans son intégralité, ci-dessous:

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