Voici l’acte de divorce PS/N-VA

4 malheureuses petites pages. Le 4 novembre dernier, après un mois de travail, les préformateurs Rudy Demotte (PS) et Geert Bourgeois (N-VA) présentent au roi Philippe leur rapport de 4 pages. La mission des deux hommes est explicite, selon le communiqué du Palais du 8 octobre : examiner "les bases concrètes en vue de la formation d’un gouvernement fédéral autour de leur parti respectif, et ceci avec les quatre autres partis impliqués dans les discussions." Nous avons reçu ce document.

Sur quoi pourraient s’entendre N-VA et PS ? Rien

Cette courte note va droit au but : "nous constatons, dans le cadre fédéral actuel, des différences de fond majeures entre, d’une part, les partis qui souhaitent approfondir et intensifier le programme de réformes des gouvernements passés et, d’autre part, ceux qui souhaitent le remettre en question". Avec dans le rôle principal, dans chaque camp, N-VA et PS.

Tout y passe. Budget ? " Certains partis souhaitent reprendre le processus d’amélioration du solde structurel […]. D’autres plaident pour un cadre budgétaire plus flexible. " Marché de l’emploi ? " Certains partis se prononcent en faveur d’une réduction du temps de travail avec maintien du salaire […]. D’autres partis veulent une politique du marché du travail qui permette plus de flexibilité, qui incite plus activement les personnes à trouver un emploi […]. " Compétitivité ? Pas d’accord sur la norme salariale.

Il y a bien une convergence : " tous les partis reconnaissent le défi majeur que représente le maintien d’un système de sécurité sociale financièrement soutenable. " Mais, évidemment, les différences demeurent sur le comment : "certains partis souhaitent remplacer le nouveau système de dotation d’équilibre par un financement ouvert. D’autres partis défendent la nouvelle réglementation et souhaitent continuer à œuvrer pour plus de flexibilité dans la concertation sociale."

Âge de la retraite, augmentation du pouvoir d’achat, les désaccords sont profonds : "les conceptions très divergentes, et parfois même diamétralement opposées, de la politique socio-économique auront des effets divergents sur les perspectives budgétaires et de la dette publique du gouvernement fédéral et de la sécurité sociale".

Vous en voulez encore ? En matière d’énergie et de climat, pas d’accord sur le maintien d’une sortie du nucléaire en 2025 "et dans certains systèmes fiscaux" comme les voitures de société, comme on peut le supposer. Sur la politique migratoire, "certains partis souhaitent aligner les systèmes belges et européens sur un modèle canado-australien-danois qui décourage toute forme de migration illégale et prône une immigration sélective et une conditionnalité de l’accès aux droits sociaux. D’autres partis proposent une approche différente, qui continue de s’inscrire dans le cadre de la législation actuelle."

Le dernier point concerne les réformes institutionnelles. Et sans surprise, "ici aussi des divergences ont été observées entre au moins un parti qui est demandeur de préparer un réel changement de paradigme institutionnel […] alors que les autres ne considèrent pas ceci comme étant actuellement une priorité".

Conclusion

Le rapport Demotte/Bourgeois se conclut ainsi : "les divergences de fond entre le PS et la N-VA sont telles qu’elles ne permettent pas d’engager une phase suivante bâtie autour de ces deux partis." Préformateurs, Rudy Demotte et Geert Bourgeois devaient préparer une mission de formation entre PS et N-VA. L’échec était patent le 4 novembre dernier. Rien n’a changé depuis. Le PS et la N-VA étaient et restent aujourd’hui incompatibles. Il n’y a aucune raison pour que cela change. Si ce n’est la manière d’assumer cette position.

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