Voici comment les partis dépensent leur argent pendant la campagne

Depuis le 26 janvier dernier, chaque euro dépensé par les partis pour leur campagne est compté. Cette période qui débute 4 mois avant les élections européennes, fédérales, régionales et communautaires s'appelle la période de prudence. Les partis et les candidats ne peuvent pas dépenser n'importe quel montant à l'approche du scrutin de mai 2019.

Ces montants sont limités par la loi. Les plafonds de dépenses différent pour chaque parti. Sans entrer dans les détails du calcul précis qui fixe ces montants, ils varient en fonction de la taille des circonscriptions dans lesquelles se présentent les partis et en fonction du nombre d'élus obtenus lors des élections de 2014.

Le Crisp, Centre de recherche et d'information socio-politiques, vient de calculer, à l'euro près, ce que chaque parti est autorisé à dépenser au cours de la campagne électorale.

Ce que les partis peuvent dépenser en campagne

Selon les calculs du Crisp, le parti qui peut dépenser le plus d'argent en campagne est la N-VA. Les nationalistes ont le droit d'injecter 6 627 578 euros pour convaincre l'électeur jusqu'au 26 mai 2019.

Les montants que pourront dépenser le PS et le MR sont à peu près équivalents puisque leurs plafonds respectifs sont fixés à 4 385 880 et 4 123 685 euros.

Le PTB pourra dépenser plus, jusqu'à 5 027 529 euros. Ce montant très élevé s'explique: le PTB est le seul parti qui se présente à l'échelle du pays. Les autres partis se présentent soit devant l'électeur francophone, soit devant l'électeur flamand. 

Le CDH voit ses dépenses limitées à 3 474 188 euros.

Ecolo pourra consacrer 3 264 114 euros à sa campagne.

Un petit parti comme le PP peut tout de même dépenser 3 009 070 euros.

Des montants théoriques

Il est important de préciser que ces montants sont bien des plafonds, des limites à ne pas dépasser. "En réalité, les partis ne dépensent qu'une partie du montant maximal autorisé", fait remarquer l'étude du Crisp. "En 2014, les partis n'ont dépensé en moyenne que 54,3%", du montant prévu par la loi.

C'est en examinant la part réellement dépensée par les partis que des différences apparaissent entre les formations en Belgique. Ainsi, en 2014, la N-VA a dépensé 89% du montant maximal autorisé, tandis que Défi ou Ecolo n'ont consacré que 28,% ou 33,7% du montant maximal autorisé. Le PP a dépensé 2,8% du montant total.

Les différences entre ce que les partis dépensent réellement en campagne peuvent donc être considérables. 

 

Que dépenseront les partis pendant la campagne?

Les chercheurs du Crisp sont partis du montant dépensé en 2014 pour simuler le montant que dépenseront les partis en 2019. Ils ont donc pris comme hypothèse que les formations mèneront le même train de vie qu'il y a cinq ans. 

En partant de cette hypothèse, la N-VA dépensera 5 881 330 euros, le PS 3 325 040 euros, le MR 3 142 686 euros, le CDH 2 59 532 euros et Ecolo 1 099 542 euros.

Le PTB et le PP dépenseraient quant à eux 390 915 et 83 276 euros, selon les calculs du Crisp. On est donc loin des montants maximaux autorisés.

Trésors de guerre et fonds de tiroirs

Les sommes réellement dépensées en campagne révèlent donc de vraies différences entre les partis. Pour le comprendre, il faut se plonger dans les avoirs des partis politiques. Et, à cet égard, les chiffres communiqués par le Crisp sur la richesse des partis témoignent de gros écarts entre les formations.

Certains partis ont accumulé, au fil des années, de véritables trésors de guerre dans lesquels ils vont puiser pour financer leurs campagnes. En tout cas, selon l'étude du Crisp, les partis qui possèdent des actifs importants dépensent une plus grande part du montant maximal autorisé pour la campagne.

Pour certains partis, comme la N-VA ou le PS, le financement d'une campagne ne pèse pas trop lourd. En revanche, certains partis doivent racler les fonds de tiroirs.

A titre d'exemple, la N-VA qui est le parti le plus riche du pays est prête à dépenser 89% du montant, ce qui ne représenterait que 24,6% de sa richesse. Les 75% du montant maximal autorisé que le PS s'apprête à dépenser, selon les projections du Crisp, ne représentent que 21% de ses avoirs. Pour dépenser a peu près le même montant que le PS, le MR doit puiser plus profondément dans ses réserves puisque ses dépenses de campagne représentent 38 % de ses actifs. En ne dépensant que 33%du montant autorisé, les écologistes consacrent tout de même 31% de leur richesse à leur campagne. 

Si des partis comme Groen, Défi, le PTB, ou le PP souhaitaient dépenser les montants maximum autorisés, ce serait tout simplement impossible car cela dépasserait largement leurs avoirs disponibles. Ecolo devrait y consacrer l'ensemble de ses actifs.  

En d'autres termes, malgré la loi qui encadre les dépenses électorales, la richesse des partis demeure une arme déterminante lorsqu'il s'agit de se présenter devant l'électeur. 

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