Vlaams Belang et N-VA : "Je t'aime (moi non plus)"

Vlaams Belang et N-VA : "Je t’aime (moi non plus)"
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Vlaams Belang et N-VA : "Je t’aime (moi non plus)" - © DIRK WAEM - BELGA

Un extrait de la chaîne VTM lors de la soirée électorale de dimanche aurait pu passer inaperçu, mais c’était sans compter sur des internautes qui ont partagé cette courte vidéo, devenue virale depuis sur les réseaux sociaux.

Dans cette vidéo, nous sommes au siège de la N-VA, ou les ténors suivent les résultats qui tombent au compte-gouttes. On y voit un Theo Francken très souriant, trépignant presque devant la télévision à l’annonce de ses résultats à Glabbeek, son fief. "Oui mais le Vlaams Belang gagne plus !", lui dit Bart De Wever. Theo Francken lâche alors un "samen een meerderheid", comprenez : "Ensemble on a la majorité".

C’est alors qu’on entend un "Shhht" provenant de Jan Jambon. L’ex-ministre de l’Intérieur est en fait assis sur le canapé et rappelle à l’ordre ses deux condisciples, qui avaient, de toute évidence, oublié la présence de la caméra.

Il n’en fallait pas plus pour que le web s’empare de la vidéo.

Partagée des milliers de fois sur Twitter et Facebook, elle suscite énormément de réactions. Pour beaucoup d’internautes, elle est la preuve que la N-VA n’aura aucun mal à briser le cordon sanitaire et s’apprête bel et bien à gouverner avec le parti d’extrême droite.

Mais finalement est-ce si étonnant que cela ?

Quelle est la relation entre les nationalistes flamands et l’extrême droite ? On sait que leurs programmes se ressemblent, sur l’immigration notamment. On sait aussi que la N-VA a marché sur les plates-bandes du Vlaams Belang ces dernières années. Mais tout cela participe en fait à une relation de haine et de séduction que les deux partis manient depuis plusieurs années.

Divergences d’ego

Ce n’est un secret pour personne : Bart De Wever ne s’entend pas du tout avec les leaders du Vlaams Belang. Ni avec les anciens (Filip De Winter, Gerolf Annemans), ni avec les plus jeunes dont le nouveau président Tom Van Grieken.

Mais si le président nationaliste garde des distances avec les extrémistes flamands, ce n’est pas le cas de Theo Francken. En juillet 2017, le Vlaams Belang et la N-VA fêtaient déjà ensemble la Communauté flamande, à l’invitation de l’ex secrétaire d’état. Face aux réactions parfois outrées des partenaires de la majorité et de l’opposition et aux questions de la presse, Theo Francken répondra un laconique : "Et alors ?"

Il faut dire que depuis le départ, Theo Francken assène des discours plus durs, des positions plus fermes que ses collègues nationalistes flamands. En novembre dernier, il avouait dans un discours s’inspirer du parti d’extrême droite en matière migratoire. "Le Vlaams Belang est comme le canari dans la mine", (le canari était utilisé dans les mines comme détecteur de gaz toxiques. Quand l’oiseau jaune suffoquait, les mineurs comprenaient qu’il fallait remonter au plus vite)  avait-il indiqué en évoquant les avertissements de Filip Dewinter (VB) sur Sharia4Belgium, qui n’auraient pas été pris au sérieux. "Je suis (ce qu’écrit) le Vlaams Belang en matière de migration, je ne me sens pas à l’aise de le reconnaître", a-t-il enchaîné.

Qualifié de "Trump flamand" par des médias américains l’an dernier, l’ex-secrétaire d’Etat s’est plusieurs fois insurgé sans pour autant casser véritablement son image.

Cordon sanitaire ou pas ?

La question pour l’instant reste sans réponse. Au mois d’octobre, lors des élections communales, Jan Jambon s’était montré clair : il n’y aura pas d’alliances entre les deux formations.

"Si nous faisions cela dans une commune, nous aurions des problèmes dans toutes les autres. Nous ne conclurons donc pas d’accords avec ce parti. Le Vlaams Belang a fait d’une partie de la population un ennemi, en l’occurrence tout qui adhère à l’islam. Et nous ne croyons pas dans cette vision de la société", avait-il déclaré.

Même son de cloche de la part de Bart De Wever à l’époque : "La N-VA ne gouvernera jamais avec le Vlaams Belang." Il semble pourtant que les très bons scores de l’extrême droite le 26 mai dernier aient fait changer d’avis le président nationaliste.

Theo Francken a, de son côté, toujours affirmé être opposé au principe du cordon sanitaire, cette vidéo semble donc le confirmer

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