Vlaams Belang à l'Unia : "Le meilleur moyen pour lutter contre les partis anti-démocratiques, c'est une vraie démocratie vigoureuse"

La démocratie belge est face à un véritable dilemme. Le 26 mai dernier, le Vlaams Belang, décrochait 18 % des votes flamands. Un score qui octroie au parti d’extrême droite, un siège au conseil d’administration d’Unia, le centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme. Siège très récemment réclamé par le Vlaams Belang. À présent, le Parlement flamand doit voter et donner son accord à cette requête.

Le dilemme, qui pose un problème démocratique clair, le voici : " devons-nous laisser un parti ouvertement raciste au conseil d’administration de l’Unia ou bien le refuser, et dans ce cas, ne pas respecter le choix de presque un cinquième des électeurs flamands ? ".

Pour Bernard De Vos, délégué général aux Droits de l’Enfant, il est hors de question de laisser entrer le loup dans la bergerie. Il parle même du comportement schizophrénique d’un parti qui ne reconnait pas l’existence d’Unia mais qui veut tout de même en faire partie. Il en déduit une politique d’entrisme pour, tout simplement, compromettre de l’intérieur le bon fonctionnement du Centre.

Choisir le moindre mal

La directrice d’Unia, Els Keytsman, tempère : " Vous ne pouvez pas supprimer Unia de l'intérieur. L'Europe exige l'existence d'une telle institution dans notre pays". Elle ajoute qu’il n’est question que d’un siège sur 21. Argument également avancé par le deuxième invité du CQFD de ce soir, le philosophe Guy Haarscher. Pour lui, la démocratie est coincée : " il n’y a pas de mal et de bien, le mal étant la mauvaise solution et le bien, la solution parfaite qui ne tacherait pas la démocratie ". La démocratie est ainsi coincée dans un choix entre deux maux. Il faut donc choisir le moindre mal.

Et ce moindre mal serait, effectivement, de respecter le choix des électeurs " Si jamais, il y a un membre du Vlaams Belang au sein du Conseil d’administration d’Unia, il y en aura 20 autres et ça les obligera, peut-être, à bien plaider leur cause, et ils vont être secoués par des gens qui ont des propos démagogiques et totalement insoutenables. C’est peut-être la moins mauvaise solution ". En d’autres termes, le meilleur moyen pour lutter contre les partis anti-démocratiques est d’avoir une vraie démocratie vigoureuse.

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