Visites domiciliaires : Charles Michel veut "prendre du temps pour des consultations"

Le Premier ministre Charles Michel (MR) a été interrogé ce jeudi par les députés au sujet du projet de loi sur les visites domiciliaires. L'opposition a demandé le retrait pur et simple du projet. Ce dernier est "dénoncé, jusque dans votre propre parti. Il ne faut pas 'faire baisser la pression' autour de ce projet dont personne ne veut, sauf la N-VA. Il faut le retirer", a dit le député PS Emir Kir.

De son côté, Olivier Maingain (DéFI) a dit que ce projet était "juridiquement bancal, sans fondement constitutionnel, car ce n'est pas de la compétence des juges d'instruction de concourir à une arrestation administrative. Le gouvernement ne peut se contenter d'une simple réforme cosmétique au projet de loi. Il doit entamer un travail de fond, un vrai dialogue avec tous les démocrates. Sans cela on ne pourra pas le suivre".  

Pour le député Ecolo Benoît Hellings, "ce projet n'est pas amendable. Il doit être retiré". Quant à Raoul Hedebouw (PTB) il a déclaré : "Votre loi est liberticide, ce n'est pas que le PTB qui le dit. Les acteurs de terrain, les experts, les juges d'instruction ont tous dit que cette loi est un danger réel pour nos droits démocratiques".

"Je veux prendre du temps pour des consultations"

"Ce débat touche à l'Etat de droit" a répondu Charles Michel, et "dans ce cadre il faut pouvoir identifier les personnes présentes sur notre sol. C'est une question d'ordre public et de sécurité. Dans de très nombreux cas, les personnes qui sont hébergées par des citoyens ne souhaitent pas introduire une demande d'asile. Il peut aussi s'agir de personnes qui ont introduit une demande d'asile, qui ont été déboutées mais qui ont épuisé les différentes voies de recours. Ils ne sont donc plus sur notre sol de manière régulière. Une directive européenne encourage les pays à une politique de retour efficace".

Pour Charles Michel, "en utilisant les juges d'instruction dans le cadre de sa procédure, le gouvernement a voulu donner une garantie supplémentaire. Je veux prendre un peu de temps pour la consultation, pour comprendre mieux quelle est la nature délicate des principes juridique qui sont en jeu. Et en fonction de cela pouvoir assumer mes responsabilités et faire rapport au gouvernement et au parlement".

"Nous avons la capacité d'accueillir tous ceux qui demandent l'asile. Et mon appel à ceux qui sont ici sans être en séjour régulier est: introduisez une demande d'asile afin que dans le respect de l'Etat de droit, on puisse examiner si vous êtes dans les conditions pour être accueillis chez nous" a conclu Charles Michel.

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