Visites domiciliaires au frigo, mais les défenseurs des migrants ne crient pas victoire

Visites domiciliaires au frigo, mais les défenseurs des migrants ne crient pas victoire
Visites domiciliaires au frigo, mais les défenseurs des migrants ne crient pas victoire - © Tous droits réservés

Par une petite phrase sibylline dans la presse flamande, le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V) a confirmé ce qui de jour en jour se transformait en secret de polichinelle : la mise au frigo - du moins sous cette législature - du projet controversé de visites domiciliaires, ce projet qui doit permettre à la police de "visiter" le domicile de personnes hébergeant des migrants en situation illégale. "En Belgique francophone, la loi semble inaudible ou taboue. Donc il n’est pas évident que cette loi soit appliquée durant cette législature", a asséné Koen Geens. Circulez donc, il n'y a plus rien à voir.

Victoire amère

Le gouvernement fédéral bat donc en retraite et préfère renvoyer le texte à plus tard plutôt que de risquer une nouvelle poussée de fièvre. Selon une source proche du cabinet du Premier ministre, "de toutes façons sur ce dossier, nous avons perdu la bataille de la communication". 

Une bataille perdue qui pourtant est loin de rassurer les opposants au projet sur les visites domiciliaires. "On a du mal à se réjouir de la marche arrière du gouvernement fédéral. On sent bien que c’est l’agenda électoral qui postpose quelque peu ce projet de loi", explique Sotieta Ngo, directrice générale de l'asbl Ciré (la plate-forme de Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Étrangers), au micro de la RTBF "Ce projet sur le fond n’est pas revu, il est toujours aussi critiqué. Nous sommes certes satisfait aujourd’hui, mais nous restons inquiets car ce projet de loi sur les visites domiciliaires reviendra sur la table dès que cela sera possible pour ce gouvernement ".

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