Visas humanitaires: "Le nom de Melikan Kucam cité dans 200 dossiers" explique Maggie De Block à la Chambre

Redevenu simple député,  Theo Francken (N-VA) observe les débats à la Chambre, il ne doit pas répondre aux questions
Redevenu simple député, Theo Francken (N-VA) observe les débats à la Chambre, il ne doit pas répondre aux questions - © Tous droits réservés

Le monde politique s'empare de l'affaire du trafic de visas humanitaires dans lequel serait impliqué Melikan Kucam (N-VA), placé sous mandat d'arrêt ce matin. Le dossier a fait l'objet de nombreuses questions orales cet après-midi à la Chambre. Ironie de la situation, dans l’hémicycle, Theo Francken (N-VA) désormais député, écoute attentivement les débats. Ayant démissionné de ses fonctions de secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, il n'aura  pas à répondre aux questions des députés.

C'est  Maggie De Block, en charge à présent du portefeuille de l'asile, qui a donc répondu aux questions: "Une enquête interne est déjà ouverte. Sur la base des premiers constats, en 2018, pour 600 personnes, des instructions auraient été donnée par le cabinet. Dans près de 200 dossiers, le nom de Melikan a été retrouvé. Ce sont des chiffres provisoires." 

Au début de son intervention, Maggie De Block (Open VLD) a également tenu à rassurer. Les personnes qui ont bénéficié de ces visas ne seront pas sanctionnées: "Les dommages sont considérables pour les personnes impliquées, les personnes qui ont dû payer. Elles sont dans une situation incertaine. Le fait d’avoir payé n’est pas une raison pour leur enlever leur document. Les sanctionner ne serait pas la bonne méthode. Pour leur demande d’asile, elles seront traitées comme les autres, en menant les enquêtes requises. "

Avant Maggie De Block, le Premier ministre Charles Michel avait déjà exprimé son indignation face à cette affaire: "Je partage les mots forts, d'expression d’indignation et de colère. Si ces faits sont avérés, ils sont graves et ils sont choquant. Parce qu’ils exploitent les plus fragiles, parce qu’ils sapent aussi la confiance dans l’Etat de droit."

Mais pas question pour Charles Michel de remettre en cause le système des visas humanitaires qui a son utilité. Le Premier ministre précise tout de même que des mesures seront prises pour améliorer la procédure, comme l'a annoncé hier Maggie De Block.  

 

Les députés choqués

Avant les intervention de Charles Michel et Maggie De Block, de nombreux députés se sont succédé à la tribune, pour dénoncer ce scandale des visas et également poser leur question à la Ministre. 

A la tribune, le cdh Georges Dallemagne a réclamé une commission d'enquête parlementaire: "Je demande toute la clarté. Ce que le gouvernement savait? Pourquoi cela a duré? Alors qu’il y avait une alerte, rien n’a été fait par le Secrétaire Etat et le gouvernement."

Au PS, Julie Fernandez Fernandez souligne "l'ironie de la situation." "Alors qu'il y a quelques mois, Theo Francken associait les ONG à des trafiquants d'êtres humains, aujourd'hui on voit que c'est dans son entourage qu'on pouvait en trouver." La députée s'interroge également: "Theo Francken dit avoir entendu des rumeurs. A-t-il diligenté une enquête interne? A-t-il pensé à revoir les procédures. Depuis quand Francken était-il au courant. S'il avait des soupçons, pourquoi n’a-t-il pas prévenu les autorités sur ces soupçons?"  

L'écolo Véronique Waterschoot entend savoir quelles sont les informations dont dispose déjà la gouvernement : "Avez vous mené une enquête interne et quelles sont les premières conclusions. Disposez-vous déjà d'éléments qui confirment les soupçons révélés par la presse?

Au delà des questions, certains réclament aussi une action immédiate du gouvernement. Comme Olivier Maingain: "Cela fait longtemps que plusieurs voix dans ce parlement demande une législation qui fixe des critères de délivrance des visas humanitaires. Rien ne justifie un pouvoir discrétionnaire." 

Philippe Pivin (MR) s'interroge lui sur les responsabilités au sein du cabinet de Theo Francken, évoquant prudemment une éventuelle "négligence, de la nonchalance". Pas question pour le parti de la majorité de laisser entendre que l’ensemble du gouvernement pourrait être mouillé ou responsable dans cette affaire.  

Journal télévisé 16/01/2019

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