Vincent De Wolf: "Le système socialiste mis en place à la Région pose problème"

Prequ’un mois que la crise politique occupe le devant de l’actualité, et toujours pas de fumée blanche à l’horizon. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de trouver le compromis qui permettrait de renvoyer sur le banc de touche le PS.

Parmi les nœuds du problème, la Région Bruxelles-Capitale, où cdH, PS et DéFI gouvernent ensemble. Et si le MR veut avoir une chance de diriger Bruxelles, cela doit passer par DéFI. Or Olivier Maingain n’a pas tranché, préfère jouer la montre, la bonne gouvernance assurée et consulter... Ecolo.

Scandale Samusocial 

Le MR prêt à abandonner Bruxelles et se contenter de la Wallonie? Vincent De Wolf, chef de file des libéraux à Bruxelles était au micro de Thomas Gadisseux ce mardi, jour de l’audition de Pascale Peraïta dans le cadre de la commission d’enquête sur le Samusocial, véritable déclencheur officiel de la fronde anti-PS. Commission dans laquelle siège celui qui est aussi bourgmestre d’Etterbeek.

Et les deux fois, le cabinet Smets a refusé et s’est insurgé

Un dossier celui de l'asbl bruxelloise qui empoisonne la vie politique. Ce weekend, la ministre cdH Céline Frémault a dénoncé des jeux d’influence dans son dos alors qu’elle tentait d’obtenir, en février 2017, des infos sur le Samusocial. En clair, des réunions et des séminaires ont eu lieu entre des membres du gouvernement bruxellois et des membres de l’asbl. Peut-on pour autant parler de délit d’initié? Certaines personnes auraient-elles prévenu les membres du Samusocial qu'ils étaient dans le collimateur ?

Vincent De Wolf confirme que la commission possède des documents prouvant les désaccords entre les deux ministres de tutelle, garants de la bonne utilisation de l'argent public. "Je suis en possession de deux procès-verbaux datant d’avant février 2017 où Céline Frémault demande un contrôle du Samusocial à l’autre ministre de tutelle, Pascal Smet(sp.a). Et les deux fois, le cabinet Smets a refusé et s’insurge de cette attitude."

On nous annonce 300 mails qui nous serons communiqués.

Le gouvernement bruxellois aurait-il essayé de masquer quelque chose ? "Madame Frémault a dit qu’elle pensait que des communications malsaines avaient eu lieu entre les deux parties. C’est cela que devra vérifier l’enquête. On nous annonce 300 mails qui nous serons communiqués."

L’affaire du Samusocial risquerait donc de ne pas se limiter à la Ville de Bruxelles. "Aller prétendre que c’est une île séparée alors que ce ne sont que des socialistes qui siégeaient au Samusocial et donc j’ai demandé l’audition du chef du gouvernement bruxellois Rudi Vervoort parce que c’est lui qui a la tutelle sur l’ensemble. S’il accepte ce sera début septembre."

S’il y a eu rétrocession, comment prétendre que le PS n’était pas au courant

Concernant la rétrocession au parti socialiste d’une partie de l’argent touché dans le cadre des jetons de présence, le patron des libéraux ne se prononce pas mais n'en demeure pas moins perplexe: "Je n’en sais rien. S’il y a eu rétrocession, comment prétendre que le PS n’était pas au courant."

Semaine de vérité pour la commission d’enquête Samusocial donc, mais semaine de vérité également sur la situation politique  Bruxelles. "Je pense que la situation doit effectivement cesser. Nous n’avons plus de gouvernance, un grand nombre de points sont d’ailleurs bloqués. Cela ne peut plus durer. On voit les railleries de monsieur Vervoort(PS) sur madame Frémault(cdH). Je dis toujours que dans femme et homme politique, il y a femme ou homme avant politique. Il y a un minimum de respect et cela n’existe plus au sein de ce gouvernement", explique Vincent De Wolf. 

Ces querelles politiciennes n’ont pas de sens, il faut agir

Une solution existe-t-elle? Vincent De Wolf le pense: "Pour sortir de l’ornière, il faut le MR, le cdH et il faut DéFI. J’ai quelques idées, je connais très bien Olivier Maingain, on a fait les bancs de l’université ensemble. On a des valeurs communes et je sais que monsieur Maingain ne peut pas accepter cette main mise éhontée, cette caricature de politisation de l’administration, où il y a un camarade à tous les niveaux. Je ne peux pas croire qu’au FDF (NDLR: ancien nom de DéFI) ils trouvent normal que les cabinets socialistes à Bruxelles soient les plus nombreux du pays. Je suis prêt à le rencontrer si mon président est d’accord. Ces querelles politiciennes n’ont pas de sens, il faut agir. On peut constater que le système socialiste mis en place depuis la création de la Région pose problème(...) Et ils veulent maintenant devenir les chevaliers blancs et faire tout ce qu'ils n'ont jamais fait jusqu'à présent."

Reste la question du survol de Bruxelles et les nuisances qui en découlent, un point sur lequel MR et DéFI ne sont pas vraiment sur la même longueur d'onde.  

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